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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 00:00

innervoiceJe ne sais pas si ça vous arrive, mais souvent j'entends une petite voix dans ma tête. Ne criez pas « gare au fou »! Il paraîtrait que c'est notre petite voix intérieure. Certains l'appellent « intuition », d'autres «conscience» ou même «guide spirituel », personnellement, si j'avais à lui trouver un nom, je l'appellerais « Germaine » dans le sens de gère pis mène.  Parfois, cette petite voix veut mon bien d'une façon plutôt étrange. Je sais que ses intentions sont nobles, elle a juste un sale caractère. Voyez-vous, elle n'est pas très douce et compréhensive avec moi. Elle est du genre exigeant et désire que je fasse toujours mieux. Elle me dit de la fermer juste après que j'ai dit quelque chose de con, et même parfois, elle m'insulte comme je ne laisserais personne d'autre le faire. Avec elle, je n'ai pas beaucoup d'espace pour faire des erreurs. Le pire c'est que parfois, je lui réponds… dans ma tête bien sûr. La plupart du temps, je n'ai d'autres choix que de l'écouter. Un peu contrariée par ses propos vindicatifs à mon égard, j'essaie de faire mieux la prochaine fois.

 

Germaine la sportive

À en croire ses commentaires, Germaine est un as du sport. Elle a sûrement été intronisée dans les panthéons de tous les sports qui existent. C'est une sportive de haut niveau, ça, c'est certain. Lorsque je pratique un sport, prenons le tennis par exemple, elle me dit quoi faire... mais après le coup! Elle a le culot de me traiter de cabochonne en me disant que je n'étais pas à la bonne place, de nulle parce que je n'ai  pas assez plié les genoux, ou encore de connasse pour ne pas utiliser la bonne technique, technique que je connais très bien pourtant. À en croire ce qu'elle dit, elle, elle n'aurait pas raté le coup, alors que moi pauvre minable... Si je vis des moments pénibles, hors de la fameuse « zone » de concentration sportive, et bien c'est à ce moment-là qu'elle est la plus volubile. Non, mais comment voulez-vous que je me concentre avec cette voix qui me dit que - de toute façon, comme j'ai raté tous les coups d'avant, elle serait bien la première surprise si je réussi celui-là -. Les pires moments sont ceux lorsqu’elle, décide de me dicter tous les mouvements à faire : 

Germaine
Bon, là, écoute pour une fois, tiens ta raquette comme du monde!
Tu sais que ton plus gros défaut c'est de la tenir trop serrée.
Veux-tu relaxer un petit peu, hein? Mais pourquoi t'es stressée comme ça?
Si tu rates encore ce point-là, oui tu vas probablement 
perdre le match, mais quoi de neuf?SERRE MOINS TA RAQUETTE, MAIS EN QUELLE
LANGUE DOIS-JE TE LE DIRE? GRIPPE LESS LA RWAQUETTE!

Et je ne peux m'empêcher de penser.

Moi
(totally hors de la « zone » de concentration nécessaire)
Mais ce n’est pas de l'anglais ça! « Grippe less la rwaquette »,
mais c'est n'importe quoi! 

Germaine
Eh oh! Ça suffit non? Tu joues ou tu me donnes un cours d'anglais?
Il est vrai qu'à te voir jouer de la sorte, tu devrais peut-être
penser aux cours d'anglais! 

Ce qu'elle peut m'emmerder!

 

Germaine connait tout

Bah, facile. Elle connaît tout, tout, tout. Parfois si je l’écoute, je m’embarque dans des situations pas possibles. Bien sûr, sa cousine, l’orgueil, sonne à la porte Ding! Dong! et moi, je me retrouve au milieu de ces deux matrones.

Germaine
Ah oui, c’est comme cela que ça fonctionne! Vas-y, dis-le!
Fais le bon sens! Affirme-toi pour une fois!

Moi (taponnant)
Oui, oui, je sais que ça fonctionne comme cela!

L’autre
T’es certaine?

L'orgueuil
Là, t’es mieux de t’arranger pour que ça fonctionne.
Force un peu!

Moi
Oui, oui, il faut juste mettre le Kaplink
dans
le Goüsteul
, j’ai déjà monté un meuble IKEA quand même!

L’autre
Pas sûr!

C’est à ce moment que mon oncle « humilité » devrait entrer en jeu. Mais voyez-vous, il est très timide celui-là. Il ne se pointe que lorsque Germaine est occupée à faire autre chose ou peut-être durant les brefs moments où elle roupille.

 L'orgueuil
Oups, trouve une raison! Trouve une raison au plus vite! 

Moi
Ok, d’après moi, il doit manquer une pièce!

Germaine
Rrrrrrrrrr, poufiasse! 


Germaine n'aurait jamais dit cela!

Ma petite voix me dicte souvent quoi dire ou quoi faire. Parfois elle a raison, d'autres fois elle a tord. Prenons un exemple, je dis une connerie sans pareille. La Germaine s’insurge aussitôt!

Germaine
Non, mais ta gueule! Arrête! Mais que viens-tu de dire là?
C'est qu'il faut être vraiment con! Tu te rends
compte de ce que tu viens de dire? Tu
aimerais ça que quelqu'un te dise cela hein?
Tu ne pouvais pas te tourner la langue
sept fois avant d'expulser un son?

Moi
Je sais. Je sais, je sais, je sais, Germaine, mais c'était
plus fort que moi. J'étais en colère et tu sais que je suis
con quand je suis en colère! 

Ouf. En plus de la personne qui va probablement réagir et me dire à quel point je suis con, bien la petite voix s'est déjà activée. Parfois, que dis-je, souvent c'est trop tard. Vous savez quand vient le moment où l'on se refait le fil des événements? Eh bien, c’est là que Germaine se réveille. Mais c'est trop tard. Je me dis à chaque fois, mais si elle sait tout à l’avance, pourquoi elle me dit ce qu’il fallait dire après coup. Elle me connait bien pourtant?

Germaine
OK, va t'excuser maintenant.

Moi
Il est trop tard, c'est dit, le mal est fait!

Germaine
Ce n’est pas grave. Va t'excuser, car sinon je n'arrêterai pas de t'en parler.

Moi
Germaine tu m’énerves!

Germaine
Toi aussi!

Et je finis par lui obéir et m’excuser. Cependant, il est arrivé, dans certaines occasions, que Germaine m’a dicté la bonne chose à dire ou à faire. C’est vrai! Il y eut des moments où cette petite voix m'a sauvé la vie, et d'autres où elle m'a mise dans de beaux draps. Faut-il toujours l'écouter? Dans mon cas, je dirais que non, mais beaucoup vous diront que oui. Dites-vous que c’est toujours votre choix!

 

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 00:00

Grimace 4

 

Définition: Le microcrocage c'est l'art de ne pas vraiment goûter à un aliment parce que l'on est convaincu, qu'on ne l'aimera pas de toute façon.

C'est dès le plus jeune âge que cet instinct, quasi primal, apparait pour la première fois chez l'être humain. Habituellement, on l’apprivoise après avoir réalisé que la première cuillerée pleine d'épinards broyés que notre mère nous a enfournée dans la bouche goûtait euh... très mauvais. Un des instincts primaires chez le poupon c'est la régurgitation. Mais une fois adulte, la régurgitation n'est pas très bien vue dans notre société. C’est pourquoi on doit développer rapidement, et presque naturellement, l'art de microcroquer. En France ils appellent cela le «mycrocroquing» je crois. Ce qui est formidable c'est qu'en vieillissant, on peut le raffiner aussi. Mais attention, le microcrocage, lorsqu'il n'est pas bien maîtrisé, peut très vite se transformer en roulis en bouche. 

 

 Le roulis en bouche c’est quoi au juste?

Le roulis en bouche survient lorsque la bouchée prise était trop grosse et que tout à coup, alors que nos molaires ont à moitié écrasé la masse pour la broyer, on réalise que ça goûte très mauvais. Soudainement, l'aliment roule dans la bouche autour de l’axe longitudinal de la langue, car on sait pertinemment que l'oesophage va bloquer toute forme d'ingestion de cette saloperie. À la maison ce n'est pas très grave, mais lors d'un souper avec le Duke de Cambridge et sa femme, c'est plus compliqué. Pour remédier à cette situation, on peut stocker l'aliment pendant un certain temps dans la joue, comme un petit écureuil. Il est effectivement possible d'entretenir une conversation avec des hu-hum si note interlocuteur est volubile, mais vient le temps où il faut s'en débarrasser. Une des solutions possibles est d'ajouter un aliment que nous aimons et tenter de mixer le tout dans la bouche. Cette manipulation délicate est toutefois réservée aux professionnels, car le risque de produire une plus grosse masse infecte survient dans 73.8 % des cas. La technique la plus facile s’avère être le papier mouchoir ou encore la serviette en papier.  La technique la plus commune consiste à tourner légèrement la tête dans un angle de 37 degrés, par politesse pour nos voisins, et éternuer en plaçant une partie du mouchoir devant notre bouche. On referme le mouchoir aussitôt et rien n'y parait. Une petite phrase du genre « Vous ne sentez pas une légère brise? » ou encore « Saprées allergies, il doit y avoir de la poussière sur le plancher… » peut rendre la démarche encore plus crédible. Le problème avec cette technique c'est que souvent, on a oublié les mouchoirs dans l'auto ou les serviettes sont en tissu. La dernière alternative est alors de s'excuser et passer à la salle bain.

 

Technique du microcrocage

Mais revenons à notre sujet. Selon moi, la personne qui maîtrise le mieux cet art, c'est ma mère. Mon maître à penser dans le domaine du microcrocage. Lorsque je tente de lui faire goûter un nouvel aliment, elle le microcroque automatiquement. L'infime fraction de l'aliment qui se retrouve sur sa fourchette est quasi microscopique, du genre à tomber entre deux des quatre fourches. Même pas de quoi vraiment goûter, mais juste assez pour ne pas pouvoir affirmer que la fourchette est vierge. Deux facteurs entrent en jeu ici: ma mère est fière et n’avouera pas qu’elle n’aime pas quelque chose qui lui est présenté comme très bon et «tendance» et elle m'aime beaucoup. C’est vrai, elle m'a toujours encouragée dans tout ce que j'ai entrepris, du patinage artistique à la cuisine. Lorsqu'elle n'aime pas ce que je lui fais, elle minicroque tout le repas, par amour maternel j'ose imaginer. 

- Maman, tu n'aimes pas ça? lui dis-je

- Nohon, c'est très bon» elle rétorque 

- Mais écoute, si tu n'aimes pas ça, ne te force pas, je vais te faire autre chose... lui dis-je en insistant.

- Nah, c'est très bon, je n'ai juste pas très faim! me dit-elle en souriant comme si elle avait la bouche trop pleine après avoir ingurgité une infinitésimale bouchée.

 Méfiez-vous quand quelqu'un vous dit qu'il n'a pas très faim, c'est typique des microcroqueurs. Je regarde ma mère qui me sourit et qui commence à me raconter tous les potins de ma famille éloignée, je me dis qu'à la quantité qu'elle déglutie, le diner va durer au moins cinq heures et demie....C'est qu'elle est polie ma mère. D'ailleurs, elle m'a transmis cette qualité.

 

La politesse avant tout 

Personnellement, et ceux qui me connaissent vous le diront, j’ai quatre façons de percevoir la bouffe:

1-     Il y a des aliments que j'adore. Ceux-là me rendent gaga. Habituellement je les mange en dernier pour finir avec une belle impression de mon repas. Ou encore, j'essaie d'en garder une dernière bouchée afin que le goût reste dans ma bouche le plus longtemps possible. Lorsque je les mange, je dis que je les aime, que j’aime la personne qui les a cuisinés, que la vie est belle et extraordinaire, que je me sens bien et je produis des sons qui peuvent ressembler à des cris de dauphin.

2-     Puis, il y a les aliments que je déteste. Je n’entrouvrais même pas les lèvres pour cette catégorie-là. Cela inclut tout ce qui est gluant, qui sent pas bon, qui a des yeux qui me regardent, qui a des ventouses ou qui bouge dans mon assiette.

3-     Viennent les aliments que je ne mange pas par principe. Rien de logique là-dedans. Je n’ai qu’à voir un film ou un documentaire et je m’insurge. Les répercussions sur mon alimentation peuvent varier de quelques jours à des années.

4-     Finalement, il y a les aliments que je mange par politesse. Ce sont des aliments que je n'achète jamais, que je ne cuisine pas, que je mange rarement, mais qui peuvent entrer dans ma bouche en ne causant qu'un léger roulis. Ceux-là, je les ingurgite lorsque je suis invitée à manger chez des amis pas trop proches ou des étrangers. Un bon verre de vin pour rincer la bouche ne fait pas de mal dans ces circonstances.

La politesse nous oblige souvent à manger puisque c'est un moment de partage. Prenons les cocktails par exemple. J'ai un problème avec les hors-d'oeuvre. J'ai besoin de savoir ce qui entre dans ma bouche. Rarement identifiées, ces petites bouchées sont remplies de surprises qui peuvent nous mettre dans l'embarras.  Avec la « nouvelle cuisine », tout peut se retrouver sur un craquelin. Vous pensez manger du boeuf Wellington, eh non, c'est du bébé kangourou! Quoi? Le roulis d'estomac est beaucoup moins contrôlable que celui dans la bouche, croyez-moi. C'est la même chose pour les boites de chocolats mélangés ou les repas de ma tante Thérèse. Vous vous souvenez des recettes Kraft? Et bien elle les a toutes notées, toutes essayées. Que faire lorsque le repas entier nécessite du microcrocage? Même les pommes de terre en purée sont oranges! Il n'y a que ma mère pour relever un pareil défi. Enfin!

Il faut quand même dire que les goûts se développent avec le temps. Lorsque j'étais jeune, je ne mangeais que du steak. Si je m'étais écoutée, je ne mangerais pas d'olives, ni de poisson, je ne boirais pas de vin ou de bière. Cependant, tout ce que ma mère m'a obligée à manger, je n'aime pas trop, encore aujourd'hui. Les belles découvertes que j'ai faites, elles sont arrivées par hasard, sans pression, par plaisir. La nourriture reste un plaisir, il ne faut pas l'oublier, sinon les épices et les herbes n'auraient pas leur place.

Il m'arrive encore de microcroquer et d’avoir des roulis en bouche, mais je maîtrise tellement bien mon art, vous ne le saurez jamais! Bon appétit!

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 04:50

hairball-1Le syndrome de la boule de poil, vous l’avez déjà vécu? Moi si. Il frappe sournoisement, souvent au moment où l'on s'y attend le moins. Quoi? Vous désirez un exemple concret? Soit. On sort du lit et zwing!, on pile directement sur la balle que le chien a apportée à côté de notre lit pendant la nuit, puis immanquablement, on se vire la cheville dessus, aoutch! On se regarde dans la glace de la salle de bain, et beurk! mon dieu que l'on est moche aujourd'hui! On se lave les dents, mais on se rappelle 5 secondes après avoir mis la brosse à dents dans notre bouche, que le petit s'en était servie pour récurer la cuvette hier, wouach! Puis, on se prend un petit café rapido presto, car on est presque en retard pour le bureau, et splash! On échappe la tasse sur notre chemise blanche... Non, mais vous comprenez maintenant?  Attendez, ce n'est pas fini, ce n'est que le début! 


Ensuite, il y a le trafic, les gens qui signalent du côté opposé de la direction où ils désirent vraiment aller. Il y a la police qui nous arrête parce que l'on a roulé 12 km de plus que la limite permise. «Mais monsieur l'agent, tout le monde roulait plus vite que moi, j'ai simplement suivi le trafic.... s.v.p.!!!» Lui aussi il a une boule de poil aujourd'hui. Rrrrrrrr. Au bureau, les collègues nous emmerdent les uns après les autres. C'est sans fin cette journée! Puis, s'installent la fatigue, le désintérêt, l'impatience. La boule de poil grandit dans notre estomac. On la sent, ça nous met à l'envers, mais nous sommes tous aptes à encaisser. C'est certain, on n’éclate pas à chaque petit inconvénient dans la vie, on ne saute pas une coche pour chaque contretemps. Mais arrive un jour, LE jour, où plus rien ne passe, où l'on est vraiment à l'envers, mais on ne comprend plus exactement pourquoi. 


C'est là dans notre estomac. Ce matin là, la petite voix toute au fond de nous nous dit: « reste couché, aujourd'hui ça n'en vaut pas la peine. Tu es fatigué, peut-être couvres-tu un vilain rhume hein? Ahum, ahum, mais qu'entend-je? C'est comme un mal de gorge ça? Un genre d'infection pulmonaire graaaave? Tu devrais appeler au bureau, dire que tu es malade aujourd'hui, ça ne serait pas plus qu'à 12 minables petits km de la vérité ça! Si tu appelles maintenant ce sera le répondeur. Oh, le répondeur! Ça, c'est chouette!!! Tu n'as qu'à changer un peu ta voix, tu es capable de faire ta voix malaaade hein? En plus le matin, tu n'as pas encore dit un mot, ta voix sera rauque et on ne te posera pas de questions...» Mais on écoute rarement cette voix.

À ce moment précis, on est atteint du syndrome de la boule de poil aiguë. On veut l'ignorer à tous prix, la ravaler plus creux, et ce, pendant des mois, voir même des années, sauf qu'elle est bien là pour s’enraciner. Je connais des gens qui ont le fond de l'estomac isolé à la boule de poil. Mais le hic, c'est que l'estomac humain n'est pas fait pour être doublé en boules de poil. On a le choix, la ravaler ou l'expulser. On se ment parfois, c'est plus facile, moins compliqué. Mais un jour ou l'autre, il faut tout cracher le morceau.

La régurgitation
C'est l'étape la plus difficile. Elle s'apparente à la restitution. Mais je vous le demande, qui aime vomir? Certains crachent leurs boules de poil au fur et à la mesure comme des boulimiques. Toutefois, je pense que la majorité d'entre nous tend vers le contraire, en ce sens que nous nous regardons dans un miroir déformant. On se dit que non, ça va, encore un petit effort et ça ne paraîtra plus qu’on a le motton. On accumule ainsi pendant un certain temps, dépend de notre capacité à ravaler. Car la régurgitation ça écorche le dedans, et parfois le dehors aussi. Ça  nous érafle en premier, puis souvent ceux qui sont près de nous. Ça me fait penser à mon chat, Elvis. Lui, il en fabrique des boules de poils, normal c’est un Persan. Il est mal pendant quelques jours, mange moins et hop, tout à coup, je trouve un truc informe, gris et gluant sur le plancher. C'est jamais beau des boules de poils quand ça jujute trop longtemps dans l'estomac. J’ose croire que c’est identique chez les humains sauf que c’est fait de petites blessures qui ont trop saigné, d'émotions déformées par la vie et de moments difficiles que l'on a encaissé. Mais, les humains ne sont pas comme les chats. J’ai rarement vu une boule de poil qui se forme en quelques jours et ressort aussitôt. Il faut s’y faire, c’est toujours plus long avec les humains. 

Je connais des gens qui la forment avec soin cette boule, et ce, pendant des années et la rejette à un moment important de leur vie. Je crois que ça s'appelle la crise de la quarantaine ou de la cinquantaine. Et pour d'autres, ils ne la crachent jamais. On appelle ça un mal à l'âme ou un mal-être inexplicable. Cette boule devient un espèce d'ulcère dans l'estomac. Difficile à digérer. Je me dis que si on parle de nourriture pour l'âme, il doit bien y avoir un estomac quelque part pour la digérer cette nourriture hein? Et s'il y a un estomac, il y a la boule de poil. Note à moi-même, vérifier les principes fondamentaux de la médecine chinoise. 

Enfin, chacun de nous a sa boule de poil. Il en existe une variété infinie il me semble. Grosses ou petites, nouvellement formées ou issues de l'époque paléolithique, elles nous empoisonnent la vie. La bonne nouvelle c'est que lorsque l’on arrive à s'en débarrasser, on devient plus légers, enfin libérés. Bon, on parle bien sûr d'estomac ici donc dès que c'est vide, ça se remplit. Le seul truc que j'ai trouvé, c'est d'adopter la devise suivante: crache le méchant avant de devenir trop méchant! ou encore pince-toi le nez, pis crache! La seule chose que j'ai réalisée, c'est que c’est plus facile à dire qu’à faire…

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 01:07

pompon[1]Oh lala lala, voilà un sujet plutôt épineux. Souvent je me demande, mais pourquoi les blues du souper de famille? Pourquoi je ne ressens pas la même excitation que lorsqu'il s'agit d'un repas entre amis? Je ne sais pas, peut-être parce qu'avec les amis c'est plus spontané? Il faut avouer qu'avec la famille c'est trop souvent prédéterminé: NOEL, JOUR DE L'AN, PÂQUES, FÊTE DE MÉMÉ, FÊTE DE POMPON. Euh... dans notre famille, ma tante Rita fête Pompon, son caniche royal miniature à pompons. Je ne vous dirai pas ce que nous ne pensons vraiment de Pompon, ni ce que nous souhaiterions lui faire. N'empêche que tous les 7 février, tempête de neige ou pas, notre famille va fêter un caniche, qui en plus d'avoir une face à claques, souffre de graves problèmes de flatulences et mord tout ce qui a des doigts. Nous le faisons par respect pour une vieille femme qui ne l'a pas eu facile ou nous sommes tous complètement fous.

   

La famillia
Divisons les gens en trois catégories. Il y a ceux qui aiment leur famille, ceux qui la détestent et ceux qui disent qu'ils ne l'ont pas choisi, donc ils doivent  s'en accommoder. À mes yeux, c'est la troisième catégorie qui est la plus intéressante. Mais quand il s'agit de sentiments, rien n'est noir et blanc dans la vie, il y a des gens que l'on aime et des gens que l'on aime moins.... comme Pompon par exemple. Toutefois, ces sentiments peuvent être ambivalents. Je me souviens d'une année où tante Béatrice avait fait courir la rumeur que mon chum était paresseux, et que je l'entretenais. Cette année-là, disons que je ne me suis pas assise près d'elle, parce qu'elle aurait mangé ses petits pois par le nez. Enfin! Les familles c'est souvent comme ça. Ma famille n'est pas une exception.

 

Ma familia
Tout d'abord, il y a tante Rita que vous connaissez déjà. Elle a 72 ans bien sonnés, elle parle beaucoup trop fort en « chochoyant », et a une opinion sur tout...ce qu'elle ne connait pas. Elle s'assoit habituellement près de Mémé, ça tombe bien, car elle, elle est sourde. Mémé je l'adore, mais elle a la fâcheuse habitude de mâcher la bouche ouverte. Je crois que son dentier ne tient plus très bien non plus, donc la personne assise devant elle est témoin de tout un spectacle en plus d'être la cible des projectiles expulsés par la bouche de la matriarche. Cela produit un étrange ballet de non-dit lorsque vient le temps de passer à table. Un espèce de jeu de la chaise musicale débute et la dernière personne qui arrive doit s'assoir devant Mémé. S'en suit, une course aux cocombres, céleris, olives, betteraves, enfin, tout ce qui se trouve à proximité de Mémé sur la table.

Il y a aussi mon oncle Léo, le frère de mon père. Il ne parle pas beaucoup, il fait tout lentement, mais étrangement, il mange à une vitesse vertigineuse et boit toujours un peu trop. Sa femme, Béatrice est un moulin à parole. Elle et Rita c'est l'enfer, c'est de l'absurde à l'état le plus pur. Son sujet de prédilection: Céline Dion. Ce sujet est une boite de Pandore dans notre famille, que nous essayons d'ouvrir le moins souvent. Léo et Béatrice ont deux enfants.

D'abord, il y a leur fille, Marie-Plume. Là, permettez-moi de m'adresser aux futurs parents. Pour l'amour du ciel, faites gaffe lorsque vous choisissez le nom de vos enfants! Marie-Plume, c'était peut-être mignon lorsqu'elle était un joli petit poupon, mais aujourd'hui, c'est une armoire à glace de 6 pieds, 275 lb, qui travaille comme changeuse à la société des transports urbains, vous l'avez peut-être déjà croisé? C'est celle qui ne sourit jamais à la station Jolicoeur... Cela dit, on peut la comprendre avec un tel prénom. Le frère de Marie-Plume s'appelle Steeeve. Eh oui, il a quatre « e » dans son prénom dont trois avant le « v ». Personnellement, je crois que c'est certainement à cause d'une erreur orthographique lors de l'enregistrement de l’enfant, mais lui dit que non. Enfin. De toute façon, Steeeve est un menteur compulsif. Désolée, c'est cru de le dire comme cela, mais tout le monde le sait, sauf lui on dirait. Peut-être se ment-il à lui même? Enfin, je pense qu'il essaie de se rendre intéressant. J'imagine qu'avec une soeur comme Marie-Plume, il a dû en recevoir des taloches, et ça n'a pas dû être facile de se démarquer. On pourrait croire que cette famille est dysfonctionnelle, eh bien non, c'est l'harmonie totale!
Finalement, il y a ma mère qui dit quoi faire à mon père pendant toute la soirée et mon père qui en a marre de faire tout ce que ma mère lui dit de faire. Assoyez tout ce beau monde devant une tranche de rosebeef, un petit monticule de patates au lait et des petits pois Le Sieur, et vous avez un portrait assez juste de ma famille proche.

 

Les sujets à éviter

Dans toutes réunions de famille, il y a des sujets tabous. Ceux qu'il faut absolument éviter si on ne veut pas que la soirée tourne au vinaigre, bien entendu, la politique et la religion sont proscrites à jamais. Puis, dans notre famille il y a aussi Pompon dont il ne faut pas parler. Toutefois, lorsque Léo a pris un verre de trop, il lance inévitablement à Rita:
 

- Pis j'vas te dire rien qu'une affaire Rita, UN CANICHE ROYAL MINIATURE, ÇA SE PEUT PAS! Yé miniature ou yé royal c'est toute! Le tien, c'est la reine des grosses caniches avec des tites flybin de boules partout, «royal» en vlimeux!!! 

Oups! Voilà tante Rita qui est dans tous ses états! On ne parle par de Pompon ainsi!!!

- Ch'est un mâle alpha, tu chauras, mon Pompon! Et puis ch'est l'éleveur qui m'a dit cha rache! Un chien comme un caniche royal miniature cha peut être miniature de rache pis grandir pluche ou moins chelon qu'il est royal de taille. Mais comme dans la famille royal, il peut être le roi comme Charles ou un des petits prinches comme William ou Harvey. Pompon ch'est cha.

Rita se tourne vers mon père

- Ton frère n'a aucune manière. Tu ne devrais pas touchjours remplir chon verre! 

 C'est alors que pour changer la conversation, Béatrice pose la question que tous redoutent :

- Demandez-moi donc qu'elle robe portait Céline Dion dans son Véry special from Las Vegas en 2006 lorsqu'elle a interprété Mountain high?

- Laquelle? Laquelle? s'écrit Rita. Mémé s'excite.

- Une longue robe bustier de couleur écrue, brodée de deux fleurs or et sertie de pierre du Rhin dont 72 rouges et 82 noires. Elle portait aussi une sandale de 4 pouces avec des lanières de couleur or et une pierre noire et une autre rouge sur le dessus... Elle était splendide! Répond Béatrice emballée par la prochaine heure qui s'annonce. 

Là, à ce moment précis, j'entre dans ce que l'on appelle « la zone ». Mon cerveau arrête. Le hamster prend un break. Je m'imagine courir enjouée dans un champ de blé avec une boite de savon à laver qui sent trop bon ou encore en train de manipuler le bras canadien entre la lune et mars. Chose certaine, je ne suis plus que de corps dans le salon. Voyez-vous, vous avez sans doute aussi une tante qui aime Céline, moi je n'ai rien contre, mais Béatrice elle, a mémorisé la garde-robe entière de Céline, et ce, par année, par spectacle et par événement. Tous les détails qu'elle a mémorisés sont infinis... C'est édifiant! Si elle avait su prouver un tel niveau de connaissance en chimie, par exemple, elle aurait sans doute été récipiendaire d'un prix Nobel. Malheureusement pour elle, il n'y a pas de Nobel dans son domaine d'expertise.

Et la soirée s'enflamme. Moi j'écoute, et si je me surprends à argumenter sur la taille des caniches ou une couleur de robe à Céline, je m'arrête et ne me reconnais pas. Avec ma famille je suis parfois une autre. Je suis celle qu'ils ont  vu grandir, celle qu'ils voient quatre fois par année, celle qu'ils ont toujours connu et qui n'a pas changé. Moi je me dis qu'il serait tout à fait impensable que j'aie une conversation sur les caniches royal miniature  avec mes amis, mais avec ma famille, si. Pourquoi? C'est ainsi. Une chance que mon père finit toujours par ouvrir la télévision pour regarder les résultats de hockey, de baseball, de football ou de golf, et s'il n’y a rien d'intéressant, il regardera même du curling. Inévitablement, les esprits se calment et les femmes recommencent à se raconter quelques potins.

Puis, ma mère sort son éternelle crème de menthe, et c'est le signal de s'en aller. Étrange, mais la crème de menthe a cet effet! Un autre souper de famille se termine. On se dit au revoir, à la prochaine, et dans le trajet de retour je me répète... mais quelle famille! 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 01:02

daniel-browning-contorsionniste 10761 w300[3]C'est ce que ma mère me répondait lorsque je lui disais que je n'aimais pas ceci ou cela de moi. « On est fait comme on est fait ma petite fille » et la discussion était close.


Qui n’a pas rêvé d’être plus grand, plus petit, plus mince, plus beau? Personnellement, j’ai grandi très vite, c’était une fierté pour moi. Quand on me disait que j’allais être grande, je répondais que j’espérais mesurer au moins 9 pieds à mon dix-huitième anniversaire. J’ai tenu ce discours jusqu’au jour où j’ai découvert les garçons… Il faut que je vous dise qu’ils grandissaient moins vite que moi les garçons, à 12 ans, j'étais presque la plus grande de l'école. Tout à coup, j’ai eu peur de devenir une géante. Qui voudrait d’une femme de 9 pieds de haut? Même si c'est pratique pour peinturer les plafonds. Mes désirs de «grandeur» sont passés. Puis, je me suis mise à détester mon nez retroussé. Un nez de cochon. Combien d’exercices ai-je faits pour l’affiler, combien de rhume ai-je prolongé de crainte de trop le gonfler en me mouchant? Pourquoi ne pouvais-je pas avoir un nez fin et long? Pourquoi j’avais les cheveux bruns et les yeux bruns? Quel malheur!

Et puis la vie est bien faite, parce que l’on peut bien ne pas aimer comment une partie de notre corps «existe», avec le temps on s'y habitue, pas vrai? À chaque matin, on se voit dans la glace et on s’habitue à ce reflet. Il y a encore des matins où je me dis que la nature m’a joué un sacré tour, mais après quelques minutes je m’apaise et accepte le passage du temps. Aujourd'hui, lorsque  je me regarde fixement dans la glace, c’est uniquement pour me parler dans le blanc des yeux et remettre les pendules à l’heure parce que j’ai fait le con. En fait, aujourd’hui, mon plus grave problème c’est mon bouton dans le dos. Je l’appelle Paulo. Il est du type récurrent et ténébreux. Une fripouille, une canaille de mauvaise famille, une crapule de la pire espèce, un rebel quoi. Vous voyez ce que je veux dire? Le genre qui repousse toujours au même endroit comme la mauvaise herbe? Je peux le laver, le frotter, le scruber, l'exfolier, le gratter, le sabler, essayer de le couper ou même de le dépecer dans un moment d'impatience, mais il revient toujours, et au même endroit!

C'est bête à dire comme ça, voir même humiliant, mais c'est la vérité. Je dois me rendre à l’évidence, il fait génétiquement partie de moi. Au début, je me suis dit, ah ce n’est un grain de beauté. Un grain de beauté? Nenni. Bien vite j’ai compris que c’était bien plus qu’un grain et qu’il pouvait devenir pas très beau. Cela dit, je l'accepte maintenant, je suis faite comme ça. Bon j’avoue que chaque fois que j'arrive à m'en débarrasser, ne serait-ce que pendant une courte période, j'ose espérer que c'est pour de bon. C’est plus fort que moi. Je me dis ça y est, il a disparu Paulo. Bye, bye old chum! Toutefois, je réalise bien vite que je souffre de «mémoire à court terme». On est fait l’un pour l’autre, Paulo c'est mon compagnon de vie... que je n'ai pas choisi. Et parfois, il m’arrive même de m’inquiéter pour lui s'il tarde à réapparaître. 

Au fil du temps, j'ai appris à connaitre le cycle de vie de ce comédon pas commode. Le problème, car il y a toujours un problème, c'est qu'il est situé dans un endroit inaccessible de mon corps. Au moins, s'il était sur mon visage, mon cou ou sur une jambe, je pourrais le gérer facilement. Eh bien non, Paulo s'est logé dans le milieu du creux de mon dos. Vous savez, à l'endroit précis où les mains ne se joignent plus? Ni d’un côté, ni de l’autre, ni par le milieu avec une main de chaque côté, ni d’un côté avec un bras par-dessus l’épaule. C'est aussi l'endroit exact où le cou ne tourne plus non plus, ce qui est très embêtant lorsqu'il ne s'agit que de le localiser visuellement. J'ai même suivi un cours de yoga pour m'assouplir: la chandelle, la demi-chandelle, le cobra, la charrue, le chat mouillé, la sauterelle dépressive, le moineau sur la corde à linge, rien n'y fait! Ils ont pensé à la « salutation au soleil » mais pas au « goodbye Paulo ».

Je reviens à mon propos, « on est fait comme on est fait » et il faut s'accepter! On veut toujours ce que l’on a pas. On court après la jeunesse éternelle. Et pis quoi encore? La seule qui en profite, c'est la «Société de consommation», vous la connaissez? Elle, elle s'aime comme elle est, et n'a qu'un seul but: tenter de vous offrir ce que vous n'avez pas. Elle vous concocte des crèmes anti-rides, des shampoings à faire pousser les cheveux, des régimes miracles ou des pilules pour faire gonfler les muscles. Et si vous pensiez vous accepter comme vous êtes, elle trouvera bien quelque chose à vous offrir. Nous avons tous un point faible. Elle veut nous transformer physiquement, mais le problème, c’est que je pense qu’elle nous a transformés dans la tête aussi. Je crois qu'elle nous rend trop exigeants envers nous-même et envers les autres et le plus souvent, à propos de futilités.

Un bouton ce n’est qu’un bouton. Rien de plus. Mais quand la glace nous renvoie une image déformée, déformante, décevante, à chaque jour, c’est bien triste. Quand on ne voit plus que nos défauts, ça nous rend malades et ça rend la société malade aussi. Parce que la laideur, c'est dans nos têtes formatées, pas dans nos coeurs. Nous sommes comme nous sommes, mais nous deviendrons ce que nous serons. Quand on y pense, la société de consommation… Elle n'a pas toujours raison.

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 02:17

Mes plus grandes années de gloire internationale, je les ai vécues de 1973 à 1981. Puis, à l’âge de 14 ans, j’ai tout abandonné du jour au lendemain. Il faut dire que ce n’est pas facile de mener une carrière de chanteuse pop-rock&disco à un si jeune âge. Non, c'en était assez, je désirais vivre pleinement ma vie d'ado avant qu’il ne soit trop tard! La musique m’avait presque chipée une partie de mon enfance, il fallait que je reprenne ma vie en main.  

J’ai toujours aimé la musique. Je l’écoutais inlassablement LA musique : à la radio, sur le vieux tourne-disque de mes parents et à la télé où les chanteurs et chanteuses de l’heure venaient présenter leurs plus récents tubes en se déhanchant. Wow! Bien vite j’ai compris que moi aussi j’étais capable de faire la même chose. C’était comme un talent naturel. Je n'avais qu'à saisir une brosse à cheveux en guise de micro, et soudainement une foule m'acclamait. Ouais..., vous êtes jaloux hein?

Au fil du temps, j'ai peaufiné mon style. Enfin, je devrais dire - mes styles - car je pouvais aussi bien chanter du René Simard: « mon nom est Pascale, tu es mon ami, et à cha-que fois je rêve à toi » que du Patrick Zabé: « Ségnor météo ohlala qu'il fait beau, Ségnor Météo ohlala quel fripo! » ou encore mon préféré, Roger Wittaker: « Moi j'ai quitté mon pays bleu, moi j'ai quitté mon pays bleu, mouah j'ai quitté mon pays bleu, et je n'ai jamais su lui dire adieu » ou le fameux « un éléphant sur mon balcon, je crois avoir perdu la raison » ah quand j'y pense, ces paroles ont sans doute contribuées à développer mon goût pour l'absurde. Mais ce que j'aimais par-dessus tout chez Roger, c'était qu'il sifflait comme un dieu. Chez moi, il était interdit de siffler, mais quand je chantais du Roger Wittaker, je pouvais le faire! Oh joies interdites!

Puis vient le moment de passer au rock. Pour ce faire, j'ai dû apprendre à jouer de la guitare. Ce n'est pas aussi facile que vous pouvez l'imaginer, jouer de la guitare! Il faut garder en mémoire qu'à ce jeune âge, la phase de développement de la coordination corporelle bat son plein, et être trop coordonné rend la vie aussi compliquée que ne pas l'être du tout! Que je le voulusse ou non, mes deux mains étaient des miroirs en tout temps. Elles bougeaient de façon simultanée, à la même cadence, avec la même amplitude. Pourtant, la technique semble bien simple : gratter de la main droite, ajouter un doigté précis sur le manche de la main gauche. Le degré de difficulté survient au moment où il faut tout faire en même temps! Cela m'a demandé des heures d'entraînement, mais j'y suis arrivée.  C'est finalement au manche de ma vieille raquette de tennis en bois Slazenger que je suis passée à un autre niveau : celui des grands stades avec des foules en délire. La magie opérait! J'enfilais les « hits » sans me faire prier!

''oui à de chapman ma frèer, oui equipe faille-thé tidi in-de'', merci Queen pour ces paroles profondes qui résonnent encore dans mon coeur.

''youssé you wawa wé vélou sonne héhé oui non. oui â wa toussé de ou-eux'' des fabs four. Là je dois avouer que je ne comprenais pas très bien ce que je chantais, mais je me consolais en me disant que c'était sans doute futile.

J'ai aussi vécu un « entre-deux » disco... Bien que je ne parlais pas anglais, j'arrivais toujours, ou presque, à tout chanter. «Tu- tu, ah...bip-bip, Tu- tu, ah...bip-bip, bas d'geux, (bas d'geux)  taquer lé le  bas d'geux (bas d'geux ). Sac de-geux, (sac de-geux),  taquer lé le sac de-geux hier!» comme chantait Donna Summer . Là, il faut avouer que chanson américaine, à l'époque du disco, n'était pas très sophistiquée. On pouvait parler de geux et de leurs bas, et ça faisait danser tout le monde. Allez comprendre! Je me souviens aussi du fameux 45 tours « I love to love, but my babay just want to dance, ahant to ensse, naha to ensse, saha stop to mince! oh I love to love, but my babay dja la to ensse...Talk, takarapapi, alk nahdakapapi flack burim na fana way...», enfin... vous connaissez le reste. Mais hélas, toute bonne chose a une fin, surtout quand on vieillit. C'est bizarre hein? On change et nos intérêts aussi.

- Ce que je souhaite à tous...

C'est ce que j'ai dit lors de la conférence de presse du 8 mai 1981 en présence de Ferdinand mon fidèle ourson et manager, qui a tout abandonné pour se consacrer à ma carrière (Hé oui, lui aussi!),

-...ce que je souhaite à tous, c'est d'aimer faire ce que vous faites autant que moi, mais sans y perdre une partie de vous-même. Car pour moi chanter, donner des spectacles à guichets fermés au Carnegy Hall (mon balcon de ruelle), au Wembley Stadium (dans ma chambre à coucher) ou dans My very speciâl de Nowel à la télévision (le salon de tante Lulu à Noël), m'a rendue profondément heureuse. Mais comprenez-moi, j'aurai bientôt 14 ans! Je DOIS passer à autre chose. Dans la vie, il faut passer à autre chose.

- .... al vient sou-per! (scande une voix entrant dans ma chambre)

- Ma-a-an, ferme la porte, je donne une conférence de presse là! Aghrrrrr

C'était la belle époque, celle où une brosse à cheveux et une raquette de tennis pouvaient transformer ma vie et me faire rêver. Je me demande si en vieillissant on ne perd pas cette imagination débordante et surtout ces moments ludiques si précieux, vous savez, ceux qui nous permettent de rêver 2 secondes et de tout oublier. Tiens, je vous mets au défi cette semaine! Prenez votre courage à deux mains et empoignez votre brosse à cheveux, votre pommeau de douche, votre manche de balayeuse ou votre raquette de tennis et interprétez la chanson qui vous branche le plus avec tout votre coeur. Libérez-vous des conventions d'adultes et retrouvez l'enfant en vous, si ce n'est que pour trois minutes... Vous n'avez pas à le dire à personne et ça ne peut pas vous faire de mal! ROCK ON!


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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 23:59

Il est vrai que je peux être difficile. Cependant, une chose que j'apprécie vraiment de la vie, c'est que l'on peut toujours choisir de voir les choses de façons différentes. C'est bien là notre prérogative à tout un chacun.

Prenons un exemple, on peut adhérer à la théorie de l'évolution de Darwin, et considérer que toutes les espèces vivantes ont un ancêtre commun (ou quelques uns) et qu'à partir de ces premières «cellules», la Vie s'est développée. Cette hypothèse a été validée par les communautés scientifiques et vaut sont pesant d'or.

On peut aussi croire que Dieu a tout créé en 7 jours. Pour cela, il faut avoir ce que l'Église appelle: la Foi. C'est-à-dire croire coûte que coûte à la parole de Dieu, sans preuve tangible ou scientifique. Et là, en religion, on peut croire à toutes sortes de théories. J’imagine qu’elles sont valables à partir du moment où une personne y croit vraiment.

J'y ai donc réfléchi.... voici ma théorie.

J'aime croire que le monde a été créé par deux scientifiques en sarrau, Hubert et l'autre. Je peux facilement imaginer qu'ils se sont bourrés un soir, et que pendant ce méga trip, alors qu'ils flottaient dans le néant, Hubert a eu une idée: «Heille man, on créés-tu la Vie?» Et c'est à partir de là que tout a dé-gé-né-ré. Pour moi, ça donne enfin un sens à la célèbre phrase que nous avons tous entendue une fois dans notre vie, l’Homme a été créé à l'image de Dieu. Je vous explique, j'ai plus de facilité à croire que j'ai été créée à l'image d'Hubert et l'autre qu'à celle de Dieu. Non, mais c'est vrai, ça expliquerait l'imbécilité ou la connerie humaine qui sévit parfois.

Enfin… Si je persiste et j'approfondis ma propre théorie, j’imagine facilement que mes deux compères ont créé l’Homme en premier, puis les animaux et le reste. Ils n’ont pas pris 7 jours eux, j’en suis la preuve tangible! En fait, pour certains, on pourrait même croire qu'ils ont fait ça pas mal vite. Bon, je leur concède, ils ont créé des chefs-d'oeuvre comme par exemple les hommes et les femmes. Là, ils étaient de toute évidence, au sommet de leur forme! Puis vint, les animaux à quatre pattes, ceux à deux et ceux avec des ailes. Quelle belle idée les ailes! Personnellement, j'aime bien les chiens, les chats, les kangourous, le martinet géant d'Asie qui peut voler jusqu'à 320 km/h et les bibittes à patates. Mais tous les goûts sont dans la nature et vous avez assurément les vôtres.

Il est donc légitime de se poser cette question: si l'Homme fut la première création, quelle fut la dernière alors?

Bien j'imagine que sur le tableau blanc, là où prenaient vie toutes les créations, le dernier trait d'Hubert, puisque sa main était lasse, fut une espèce de serpentin.

- Bah, y'en a marre! Voilà le dernier truc, vous en ferez ce que vous voulez!

Et le ver de terre fut.

Moche d'être créé en dernier.

Le pauvre lombric se demanda alors: «mais comment ont-ils pu faire ça? C'est ignoble!» Voilà pourquoi j'ai beaucoup d'empathie pour cette petite bête. Lorsque j'ai des envies qui me poussent à m'apitoyer sur mon sort, j'ai une pensée pour lui. Et comme le malheur ne s'acharne jamais qu'une seule fois, vous savez quoi? Ils l'ont mis sur le même terrain de jeu que son frangin...le millepatte!

FRANCHEMENT FRUSTRANT!

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 00:13

 

« La vie, c’est comme une boite de chocolat… »répétait le personnage incarné par Tom Hanks dans le célèbre film Forest Gump. Cette phrase, je l’ai toujours dans ma poche et je la ressors à l’occasion. Toutefois, plus j’y pense, moins je crois que j’y adhère.

 

Pourquoi me demanderez-vous?

Je ne sais pas si je suis la seule, mais si je me souviens bien des boites de chocolats mélangés de mon enfance... oui , oui, vous savez, celles du genre ''Pot of gold'' ou même la traditionnelle ''Laura Secord''; et bien moi, d'aussi loin que je puisse me souvenir, je n'ai jamais aimé plus de deux saveurs dans ces foutues boites: chocolat/caramel et.... chocolat/chocolat. That’s it! Bah, je sais, je sais… Cela ne m'empêchait pas, à chaque fois, d'essayer de déchiffrer la «map» sous le couvercle de la boite. Inévitablement, je me laissais tenter par une saveur qui me paraissait exotique. Anxieuse, j'espérais que la boite n'avait pas été trop brassée afin de retrouver facilement le chocolat convoité à la bonne place. Lorsque je le voyais enfin, la salive aux lèvres, je ''minicroquais '' dedans..... Attention, la prudence est toujours de mise dans ce genre d'opération. Je vous parlerai du «minicroquage» une autre fois, pratique plus rependue qu’on peut le croire.


 - Ouache que c'est méchant! (hop de retour dans la boite). Non, mais qui a pensé à une telle saveur non de dieu!


Le chocolat retournait illico dans sa boite ni vu, ni connu. Ce n’est qu’au bout de quelques jours, si on ouvrait la boite, on pouvait réaliser que pas un chocolat n’était intact.

 

Usine de chocolat X – Équipe de designers de saveurs de chocolat

Deux hommes en sarrau discutent devant une plaque sur laquelle des centaines de chocolats refroidissent.

 - Tiens Hubert, essaie donc la nouvelle saveur que je viens de produire.

 - Ouache, c'est donc ben méchant, personne ne voudra acheter cela.

 - Je crois que tu as raison Hubert, vite mets-moi toute cette production dans les boites de chocolats      mélangés, de toute façon il n'y a que deux saveurs potables là-dedans! Les gens sont habitués!

 

Moi, j’imagine que c'est comme cela qu'ils décident des saveurs dans les boites de chocolats mélangés. Bon, c'est mon opinion bien personnelle.


Enfin, quand j'y pense.... Je me dis que c'est peut-être moi qui suis difficile quoi! Et puis non, la vie c'est peut-être comme une boite de chocolat après tout. La différence c'est que maintenant, je ne remets plus les chocolats dans la boite car je sais à quoi m'attendre.

 

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