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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 23:57

Man-on-a-Ledge--3-.jpg5- Je n'aime pas le son des os qui craquent
 

4- Je n'ai aucune capacité pour rebondir, du moins je pense...
 

3- Superman n'existe pas, snif!

 

2- Mon oreille interne veillie (équilibre)
 

1- Je n'ai pas le sens de l'orientation

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 05:26

man_in_the_maze_01.jpgJe me demandais ces jours-ci s'il est possible de laisser entrer une autre personne dans nos jardins secrets. Par jardin secret, je veux dire de s'exposer à une autre personne dans toute notre beauté intérieure, mais aussi dans toute notre laideur, dire ce que l'on pense vraiment au risque de blesser, agir au risque de se tromper, se laisser à être soi-même sans aucuns compromis, être, dire et faire sans retenue aucune. Est-il possible de laisser tomber tous nos filtres, toutes nos barrières, tous nos mécanismes de protection affectifs et se mettre à nu, sans excuses, sans la crainte de se faire juger, sans être consumé par la peur d'être mis dans un tiroir ou une petite case qui nous définie comme un être complexe, voir même compliqué ou inapte portant en lui les blessures de sa vie. Est-ce possible de le faire au nom de l'amour ou même au nom de l'amitié? Je ne le crois pas.
 

DROIT DE RÉSERVE
La majorité d'entre nous font appel à ce que je qualifierais le droit de réserve. C'est ça notre jardin secret. L'endroit où seul nous avons accès. L'endroit où se trouve l'entrée du puit de nos abîmes. Qui voudrait nous accompagner dans le labyrinthe de nos toutes nos incertitudes, de toutes nos inaptitudes, de tous nos défauts, de tous nos questionnements, de toute notre laideur? On montre le beau, on cache le laid ou du moins la couche la plus profonde. Normal, on veut se faire aimer. Ces deux dimensions font ce que nous sommes.  Je crois qu'il est possible de rester authentique, honnête et vrai à l'intérieur sans exposer nos complexités. Malheureusement, il me semble qu'il soit impossible de montrer ces deux dimensions sans aucune retenue. Je crois que nous restons toujours dans un cadre que nous nous sommes fabriqué et qui reflète la plus belle image de soit. Nos jardins secrets doivent rester un secret en partie. Nos relations avec nos proches ne doivent pas dépasser certaines limites. Ces limites sont fixées par nous afin de ne pas atteindre une vulnérabilité qui nous mènerait à notre perte ou encore, certaines limites qui sont fixées par l'autre selon ses capacités à accepter ce que nous sommes. Nous avons tous nos idéaux, nous les recherchons tous, nous faisons tous des compromis, nous essayons tous de répondre à l'idéal des personnes qui nous aiment, nous avons tous le besoin d'être aimés. 


Il est humain de juger les autres selon nos propres perceptions, nos propres valeurs. Le jugement n'est pas nécessairement une chose négative, il n'est pas nécessairement un synonyme d'acceptation ou de rejet. À mes yeux c'est plutôt un point de départ pour déterminer qui nous sommes en tant qu'individu, entre d'autres termes, il est nécessaire de se comparer pour se définir. C'est la nature humaine qui nous pousse à analyser les différences des autres pour se situer soi même. Ce même jugement nous permet de faire des choix comme par exemple de déterminer avec qui nous sommes compatibles. C'est le point zéro de notre système décisionnel.
 

J'ai toujours eu un goût pour l'absolue, j'ai vite ressenti que cela n'était pas possible à atteindre. Je relisais des textes que j'ai écris durant mon adolescence où je ressentais à quel point nos relations humaines étaient impersonnelles, même lorsqu'elles étaient profondes. Elles ne dépassaient pas les limites de l'acceptable pour soi même. L'Abandon, celui avec un grand A, n'existe pas puisque l'on ne l'atteint jamais. Je crois que c'est pour cela que certaines personnes plus que d'autres ont si peur de la mort. Car s'il existe un moment d'Abandon absolu, ce doit être celui-là. Quelqu'un disait l'autre jour, on meurt seul. Je me suis demandé pourquoi? Je comprends que ce sont nos fonctions corporelles qui cessent de fonctionner, mais au-delà de cette dimension, je ne crois pas que nous soyons vraiment seuls. Je me dis que la notion du deuil n'existerait pas si cela était vrai. La grandeur humaine fait que même si la vie fait que nous ne mourrons pas entouré de nos proches, quelqu'un sera témoin de notre mort. Il est difficile de ne pas être affecté par la mort d'un inconnu sur notre chemin, ne serait-ce parcequ'un tel événement nous confronte toujours à notre propre destinée. Certaines personnes attendent la dernière heure pour ouvrir les barrières de leurs jardins secrets et ainsi elles n'ont pas à assumer les conséquences ou les jugements des autres. Le besoin de résolution et d'absolu est plus grand. Je trouve ces moments grandioses et réductifs.
 

Malgré le niveau de confiance qu'il est possible de développer dans une autre personne, on ne peut pas les faire pénétrer dans nos jardins secrets sans devenir vulnérable. Être vulnérable c'est donner le pouvoir à quelqu'un de nous faire du bien mais aussi de nous faire mal. On finit toujours par se faire mal entre nous, même lorsque c'est la dernière chose que l'on souhaite. Au bout du compte, c'est chacun pour soi et ultimement nous tentons tous de sauver notre peau. C'est une leçon de vie qui peut égratigner tout au fond, mais comme souvent les leçons de vie nous enseigner quelque chose à la dure pour que nous comprenions, il ne faut jamais oublier qu'ultimement, elles nous font aussi grandir.

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 23:59

imgFlashdance3.jpg5- Mon prénom n'a pas de diminutif composé de trois lettres

 

4- Je n'ai pas d'amie qui travaille dans un strip club (trop vieille?)

 

3- Je ne connais rien à la soudure

 

2- Je ne suis pas une maniaque sur la piste de danse. Oh que non!

 

1- Le rythme et moi ça fait 3

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 05:05

10993711-portrait-de-femme-d-39-affaires-heureux-sourire-deChacun a sa façon de nous dire ce qui ne se dit pas. C'est ce que ma grand-mère me disait lorsque j'étais môme. Aujourd'hui j'ai quarante ans et je commence à comprendre le sens de son propos. Toute ma vie j'ai cru, à tord ou à raison, que ma façon était la bonne, car elle répondait à mes besoins, à ma façon de concevoir la VIe, elle me satisfaisait moi, dans l'univers qui est le mien. Au fil des expériences de ma vie, j'ai appris que chacun a sa façon de dire qu'il nous aime, que l'on a de l'Importance à ses yeux, il en va de même pour ceux qui ne nous aiment pas. C'est ainsi. Aujourd'hui, j'ai choisis de dire parfois ce qui ne se dit pas avec des mots. Toutefois, je cherche encore les bons mots et je ne les trouve pas toujours. Je crois que je les chercherai longtemps encore car j'ai souvent l'impression qu'ils sont limitatifs. Je suis la première à croire que les mots sont parfois vides. Cependant, j'ai compris que parfois ils sont pleins. On peut les remplir de sentiments et de vérités sincères.

 

LA PEUR
Le problème est simple. Lorsque l'on s'est déjà fait dire des mots vides, et cela peut être qu'à une seule occasion, et bien on a peur de les croire - ces mots - la prochaine fois. Cette peur, nous pouvons la traîner toute une vie durant. À chaque nouvelle expérience, elle resurgit sans que l'on puisse vraiment s'en rendre compte car elle habite nos abîmes. Je crois que c'est peut-être la raison pour laquelle l'on croit beaucoup plus facilement dans l'action. L'action prouve concrètement ce dont les mots sont incapables. Il y a là, à mes yeux, quelque chose de triste. Je me blâme la première. La loi du plus petit dénominateur prévaut, celle où une seule personne commet la faute et hop! on l'applique systématiquement la prochaine fois à celui ou celle qui les prononcent ces mêmes mots. Bien fin celui qui nous y reprendra. On appelle ça aussi l'expérience. Le résultat reste néanmoins le même, il y a des choses que l'on exprime plus.

 

Je me demande si la peur affecte moins le négativisme. On passe beaucoup de temps à parler de ce qui est négatif dans nos vies, de ce que l'on a pas et que l'on voudrait ou encore des gens que l'on aime pas. N'est-ce pas l'un des problèmes qui alimente la haine et l'insatisfaction? C'est plus facile de détester et c'est souvent moins exigeant, même si l'énergie que l'on y investit est probablement plus grande que de vivre en harmonie car qu'on se le dise, c'est difficle aimer et surtout d'être aimé. Et si je ne l'aime pas autant? Faire face à des insécurités créées par quelqu'un d'autre, cela peut être insoutenable. Et quand on aime, doit-on exiger qu'on nous le rende à la même hauteur? Cela fait probablement partie des choses qu'on ne dit pas aux autres et parfois, à soi-même. La solution la plus facile c'est de fuir ces situations ambigües si elles ont le malheur de nous arriver ou encore mieux, de les éviter à tout prix.

 

Je suis de la génération des « commitment phobic », la peur est encrée profondemment dans mon ADN. Et pourtant, ce n'est pas ce que je souhaite. Mon seul constat c'est que c'est simplement ce que je suis. Aller à l'entrecontre de ce que la société, mes parents et mes pairs m'ont enseigné c'est comme me déraciner. Il y a tout de même une partie de l'arbre que je suis qui veut voler, qui croit que j'en suis capable. il y a une partie de ma cime qui touche le soleil. Et pourtant...

 

Le bonheur et la profondeur des sentiments rendent souvent les gens inconfortables, moi la première. C'est difficile d'assumer l'amitié ou l'amour des autres, c'est souvent trop impliquant. On nous a souvent répété que rien n'est gratuit. L'amour ou l'amitié ne font pas exception. Ghandi ou les personnage sanctifiés de l'histoire sont des héros, des cas uniques. Dans la religion catholique, on les appelle des saints. Dans d'autres cultures se sont des gens qui ont acquis un statut spécial. Ils l'ont d'ailleurs prouvé par des actions concrètes, documentées et le prix de toute une vie. Dans nos vies insigifiantes et si ordinaires, dire sérieusement «je t'aime» à notre meilleur ami alors qu'il n'est pas sur son lit de mort et que ce n'est pas notre dernière opportunité de le faire, c'est presque tabou, ou à tout le moins c'est considéré « cucu ». Dire « je t'aime » à sa soeur ou son frère c'est considéré souvent inutile ou un acquis. Dire « je t'aime » à son amoureux ou son amoureuse et craindre ne pas recevoir une réponse sincère c'est un risque qu'on vient à ne plus prendre. Pourquoi devoir attendre de direces mots dans l'urgence? Permettez-moi de m'en révolter. Il est vrai que chacun a sa manière de faire qui a été façonnée par la société qui l'a nourrit en son sein. C'est parfois plus fort que nous, c'est la pression de devoir adhérer à la norme. Une société doit être homogène. Être en marge s'avère souvent difficile. Certaines personnes se disent libres alors qu'en réalité, nous sommes tous assujettis tout au fond de nous.

 

 

MA FAÇON
C'est avec l'expérience que j'ai aquise, parfois dans le bonheur, parfois en me faisant mal que je découvre qui je suis. Ma façon n'est certe pas meilleure ou pire que celle d'une autre personne, sa seule particularité c'est qu'elle est mienne. J'ai réalisé que c'est seulement en me « désancrant » de mes convictions profondes que j'arriverai à comprendre les autres, à ne pas avoir d'attentes, à recevoir seulement ce que l'on est prêt à m'offrir et le chérir. Certains donnent beaucoup, d'autre moins, mais cela n'a pas d'Importance. On ne peut donner que ce que l'on a. Chacun le fait à sa façon. Les différences culturelles et l'éducation détermineront toujours ce que nous sommes. Notre chemin de Vie et les expériences vécues nous offriront de saisir la chance de grandir ou pas, mais au-delà de ces barrières, il y a un humain qui fait ce qu'il peut. Je sais que je fais ce que je peux. Je suis toutefois convaincue que demain je serai un peu plus que ce que j'étais aujourd'hui. À mes yeux, c'est ça ma liberté. 

 

Ce que je sais aujourd'hui, c'est ce que les autres m'ont enseigné.  

Je continuerai à essayer de dire ce qui ne se dit pas.

Je continuerai à respecter ceux qui ne répondrons pas. 

Peut-être ferai-je mon chemin seule, mais un jour qui sait, peut-être on me répondra.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 22:59

2989-0.jpg 

10- Je suis propre.

9-  Je viens quand on appelle mon nom... ou si je suis occupée, au moins je réagis

8-  J'aime les «flatteries»...

7-  Je ne mords pas...trop souvent

6-  Je suis de nature docile

5-  J'aime votre compagnie

4- Je suis intelligente et sensible

3- J'aime apprendre des trucs

2- Je ne perds pas mon poil...

1- Je suis fidèle

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 03:32

une-voyante-internationale-nous-devoile-184926L'autre jour, une collègue au bureau est arrivée à mon bureau toute excitée. La veille, elle était allée consulter une voyante! Il y avait trop de prédictions qu'il était impossible pour elle de contrôler le débit de ses paroles. Elle s'enfargeait dans les mots, sautait  du coq à l'âne, revenait sur une prédiction précédente pour préciser un détail. En gros, elle allait gagner une somme d'argent importante, rencontrer l'homme de sa vie, faire un incroyable voyage, avoir un ticket de vitesse si elle allait trop vite, mais peut-être obtenir une promotion. Tout ça pour la modique somme de 50$! À vrai dire, ce n'est pas si cher payé pour recevoir autant de bonnes nouvelles en une heure! Moi, quand j'achète un billet de loterie et que je sens que cette fois c'est le bon, je passe tout au plus cinq minutes à imaginer mon bonheur futur... Considérez que je n'ai ni le décor, ni la comédie en prime.

Enfin, Madame Sofra est la meilleure, y parait! Elle est juste dans ses propos et aurait prédit beaucoup de choses qui se seraient réalisées. Enfin, c'est ce qu'elle a dit! Manon, ma collègue en était convaincue.

-Tu devrais y aller!

- Hummm, pas sur...

- Tu n'es pas curieuse de savoir ce qui va t'arriver?


Ce que je n'osais pas dire à Manon, c'est que si j'avais la moindre idée du destin de quelqu'un, je chargerais beaucoup plus que 50$ pour lui dire. Je crois que Madame Sofra mise sur la quantité plutôt que la qualité, surtout à entendre parler de son agenda qui est bouqué deux mois à l'avance. Le hic c'est que Manon a des étoiles dans les yeux et y croit dur comme fer. Elle qui n'achète jamais de billets de loterie, elle en achètera au moins un par semaine pour la prochaine année. Elle qui est plutôt de nature réservée et sélective acceptera probablement tous les rendez-vous galants au cas où, elle qui mettait de l'argent de côté pour ses vieux jours, décidera peut-être d'aller finalement à Cancún cette année. Elle qui roule à faire friser son toupet, aura peut-être le pied plus léger sachant qu'elle risque de le payer cher. Voilà le pouvoir de madame Sofra à mes yeux. Au lieu d"être spectatrice de sa vie, Manon tiendra le premier rôle. Tout cela parce qu'une étrangère aura semé deux ou trois graines à germer dans son esprit. Suis-je de mauvaise foi? Peut-être. Je crois que le pouvoir de suggestion de l'esprit peut être très fort, tous les grands despotes de l'histoire l'ont su et ont pu manipuler bien des gens à penser comme eux et à faire ce qu'ils désiraient.


Je n'ai pas dit le fond de ma pensée à Manon. Je lui plutôt dit que j'y réfléchirais.

 
Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'à mon anniversaire, trois semaines plus tard, Manon me donna une carte de souhaits. À l'intérieur, sous ses voeux: ''Joyeux anniversaire ma belle! Je t'offre ton futur!'' il y avait une date et une heure. Elle m'offrait un rendez-vous chez Madame Sofra...

- Wow! C'est trop! lui dis-je.
- Tu me raconteras tout, tout, tout hein?

Malgré mes efforts surhumains pour me sortir de cette situation, je m'entendis dire.

- C'est certain!

Était-ce un subterfuge du genre pyramidal que Madame Sofra implantait dans l'esprit de ses proies afin de s'assurer de bouquer son agenda? OK, la mauvaise foi, ça suffit! Ouvre ton esprit et tente l'expérience ma petite voix me susurra à l'oreille.

 
Le mardi suivant, je me tenais là, devant la sonnette de Madame Sofra. Ding! Dong!

Une petite mémé dans la soixantaine vint m'ouvrir avec un large sourire.

- Ah, je vous attendais!

*** première prédiction? pensais-je, elle est vraiment forte!***

- Suivez-moi!

Elle marcha d'un pas rapide dans une petite pièce à l'étage du bas. Il y avait de la fumée d'encens et un voile transparent en guise de porte. Des pierres semi-précieuses gisaient sur la table à côté d'une mini-boule de cristal.  Dans un coin de la pièce, il y avait le portrait d'une  licorne rose peinte sur un canevas en velours noir, et dans l'autre, un bouquet de fleurs en plastiques fatigué.

- Assis toi

C'est ce que je fis sans attendre.

Elle me regarda avec intensité. Je devais probablement grimacer comme ça m'arrive parfois de le faire sans m'en apercevoir.

- C'est la première fois?
- Oui

*** Ça te fait saliver de la chair fraîche?***

- Très bien.

Elle approche sa boulette de cristal et pose ses mains plissées dessus.

- Toi, tu es analytique, tu argumentes beaucoup, tu aimes la justice.

*** Ouin, comme pas mal tout le monde***

Je souris.
Elle flatte sa bille blanche.
Sa tête tremblote, elle prend une respiration profonde.

- Toi tu es une vieille âme.

*** La classique ! Mais c'est quoi une vieille âme au juste et qu'est-ce que ça peut changer à ma vie?***

- Tu cherches le bonheur

***Comme tout le monde ma vieille!***

- C'est parce que tu as beaucoup souffert avant...

*** Euh, peut-on passer au futur? Je me fous pas mal de mes vies antérieures!***

- Toi tu es seule?

*** Bon, je l'aide ou pas? Je dis la vérité ou je mens? On travaille ensemble ou je bousille tout?***

- Oui

- Il y a un homme, tout va commencer avec un sourire. Il a beaucoup de points en commun avec toi, une âme vieille aussi. Il va t'approcher lentement. Vous allez vous connaître et vous découvrir. Il sera la réponse à ta quête du bonheur. Mais tu devras saisir l'occasion!

*** Bon, on peut tu être un peu plus vague, parce que là Soso, tu me parles des étapes ordinaires d'une rencontre, et pis mémé, j'attends pas vraiment qu'une autre personne fasse mon bonheur tu sauras***

- Il portera un vêtement bleu.

*** Ok. ça peut inclure tous ceux qui portent le jeans...C'est déjà ça...***

- Quelqu'un près de toi est décédé?
- Oui, mon père..
- Il me dit qu'il veille sur toi, qu'il t'aime, qu'il va te protéger. Il me dit que tu dois avoir confiance dans la vie.
- OK...

*** Est-ce que j'enfile mon manteau immédiatement? Je crois que j'ai assez de détails pour Manon...***

-  Tu vas faire un voyage d'ici une à trois années

*** J'espère!***

- Il faut faire attention à tes finances

*** Je cré ben, si je veux me payer un voyage, mais d'ici trois ans, je pourrais peut-être entre-temps changer ma laveuse et ma sécheuse itou***

- Attention, tu roules vite, tu peux avoir des problèmes avec la loi.

*** Ouin, surtout qu'à baisser constamment les limites de vitesse à 30 pis 40 km/h, les risques augmentent subtentiellement de faire de la vitesse comme tu dis***

- Le numéro 6 va te porter bonheur...

*** Bon, c'est drôle comme la boulette peut être précise parfois***

 

Je suis ressortie amusée. J'avais certes assez de prédictions pour contenter Manon. En entrant dans mon auto, je réalise que je dois faire un plein. J'arrête à la première station d'essence. Je sors de mon véhicule. De l'autre côté, j'aperçois un homme qui porte un jeans. Je souris en repensant à la mémé. Il me regarde et me sourit. Prise sur le fait, je remets immédiatement le pistolet sur la distributrice et j'entre pour payer.

- 26,66$ s'il vous plait, madame.

J'acquitte et sors. Je croise l'homme. Il me sourit encore. Il porte toujours son jeans bleu.

Je mets la clé dans le démarreur, attends que l'aiguille s'affole dans la position full. Soudain, je sursaute! On frappe sur ma vitre. Je la descends.

- Vous avez oublié votre facture!
- Oh merci!
- On a mis tous les deux pour 26,66$, c'est rigolo pas vrai?

Je souris, en faisant probablement une autre grimace. Je deviens folle ou quoi?La mémé disait vérité?

- Papa!

L'homme se retourne.

Une fillette a baissé la fenêtre. Elle a laissé choir un ourson sur l'alphate. Une femme sort de l'automobile et vient le ramasser. L'homme la rencontre à mi-chemin, ils s'embrassent. Je referme ma fenêtre. J'expire. Je me trouve con!

 
Merci quand même Manon!

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 06:15

mere teresaJe ne suis pas libre. Je suis enchaîné. Je me regarde dans la glace et je vois le regard que les autres, que la société porte sur moi. Je ne suis pas libre. Je dis et je fais ce que je suis supposé de dire et de faire. Je veux être accepté, faire partie du lot, ne pas me démarquer. Je consomme ce que l'on me demande de consommer, je suis ce que l'on me demande d'être. Ce poids devient lourd. 

C'est ce que j'ai lu sur un bout de papier dans le pantalon de mon coloc Ludovic. Je suis du type discrète mais comme il l'avait oublié dans la salle de lavage. Je ne voulais pas le jeter sans savoir si ce papier était important, je l'ai  donc lu. Je crois qu'il avait les bleus. Ludovic est pourtant un type formidable, enjoué. Je ne comprenais pas pourquoi il avait écrit cela. Bon, c'est vrai qu'il est du type intello, café, foulard. C'est vrai aussi qu'il se pose de grandes questions existentielles quand il prend un verre de trop, mais là!

Quand il est entré à la maison, je lui ai lancé un «ça va?». Il m'a répondu que oui et il est allé dans sa chambre. Qu'est-ce que je fais moi? Je vais lui parler? Je lui montre le papier? Je lui demande des explications? Je laisse tomber? Il a un poids sur les épaules, mais combien lourd? Le temps d'écrire quelques phrases ou plus? Je deviens folle.

Voyez vous, mon problème c'est que je veux sauver le monde. Mère Thérésa vous connaissez? Et bien moi je l'appelais maman. J'ai tout sauvé dans ma vie. La réputation de ma cousine Marie-Plume, des petits oiseaux à la patte cassée, des chats sans domiciles, des enfants blessés, la vie d'un aveugle qui traversait la rue au feu rouge, les peines d'amours de mes amis, il ne me reste que le reste du monde! Je ne sais pas d'où vient ce besoin, je sais qu'il est là. Jeune, je désirais aller dans les pays de misère pour sauver les gens, en vieillissant, j'ai réalisé que je devais voir plus petit. Chacun a sa raison d'exister. Moi, je l'ai trouvé toute jeune. À 9 ans, lorsque j'étais dans un camp de vacances, j'ai sauvé une petite fille qui avait eu une attaque d'asme alors que nous étions dans l'eau. On m'avait donné une médaille d'héroïne. C'est fou comme une médaille de métal peut monter à la tête d'une enfant de 9 ans. Mon destin était désormais tracé. Je serais une sauveresse des âmes en peine, des malheureux et des malchanceux. 

Et puis un jour, j'ai rencontré quelqu'un qui ne voulait pas se faire sauver. Mais comment peut-on souhaiter ne pas se faire sauver? Cela a débalancé mon équillibre superwomanrienne. Et j'ai réalisé que certaines personnes ne désirent pas se faire sauver. Que pour certaines personnes, mes superpouvoirs ne valent rien. Je suis rentrée à la maison découragée. Si le monde ne veut pas se faire sauver à quoi je servirais? C'est là où j'en suis. Je ne sers à rien. J'en ai fait mon deuil et mis fin à ma carrière. Puis, cette note. Ma cape n'est pas très loin, je peux l'enfiler dans un battement de paupière, mais j'hésite. 

Je frappe à sa chambre.

-Ludo, tu veux manger avec moi?

-Pas faim.

Pas faim? Mais c'est quoi cette réponse? Il n'a pas faim parce qu'il a déjà mangé ou il n'a pas faim parce qu'il est mal, déprimé, découragé, au bord du suicide? Qu'est-ce que je peux faire? Qu'est-ce que je dois faire? J'ai mangé seule. En silence. En pensant. En me torturant. Je suis passée devant sa chambre et la lumière était éteinte. Je suis allée me coucher. Je n'ai pas dormie. le lendemain on s'est croisé au petit déjeuner et il n'a rien dit, puis il est parti. Toute la journée j'ai pensé à lui. Qu'est-ce que je peux faire? Qu'est-ce que je dois faire? Le petit ange sur mon épaule m'a répondu «rien». Je ne voulais pas le croire. 

Après mes cours je suis rentrée à la maison, Ludovic était sur le divan. Je lui ai souri et je lui ai dit:

- Si tout est trop lourd, je peux t'aider.

Il m'a regardé intriguer. 

- La note dans ton pantalon qui .était dans la salle de lavage...

- Tu l'as lu?

- Oui, je ne voulais pas la jeter comme les autres papiers inutiles. Je suis désolée.

- Tu te sens libre toi?

- Oui, euh, non, euh... je sais pas.

Il sourit.

- Penses-y me dit-il. On s'en reparlera.

Il ouvrit la télé et la regarda.

Bon, je ne vous dit pas à quel point mon hamster a couru vite dans ma tête. Je suis libre ou pas? J'ai un poids sur les épaules ou pas? On a tous le poids de nos responsabilités. On est tous esclaves de nos choix, de nos vies, de la société, de ce que l'on nous a enseignè. On ne l'écrit pas tous sur un petit bout de papier. Qu'est-ce que je peux répondre à cela, comment puis-je répondre à une question que je ne me suis jamais posée? 

- Ludo?

- Quoi?

- Je suis libre de me poser des questions comme celle que tu m'as posée, mais je n'ai pas les réponses.

Il m'a souri.

- Merci.

À ce jour je ne comprends pas ce qui s'est passé ce soir-là. Je ne sais pas si j'ai sauvé Ludovic ou pas. Je sais qu'il est toujours vivant et relativement heureux. Je ne sais pas s'il se sent libre ou enchaîné. J'ai cependant compris que parfois, on a pas besoin de faire de geste héroïque. Depuis ce jour, je n'ai plus sorti ma cape et je suis convaincue que je sers à quelque chose dans la vie. Le plus drôle c'est que cette question m'a hantée longtemps, et vingt ans plus tard, je n'ai toujours pas de réponses.

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 03:35

mall-santa-1Peut-être que je suis vraiment naïve... J'avais 7 ans la dernière fois que je me suis fait prendre en photo sur les genoux du Père Noel dans le centre commercial près de chez moi. Ma mère était dans tous ses états lorsque j'avais insisté pour me faire prendre en photo. Il faut dire que j'étais presque aussi grande que le Père Noel! Je portais mon pantalon d'hiver une-pièce, celui dont ma mère ne souhaitait pas que j'aie une envie de pipi quand je le portais. Aujourd'hui, je sais que le Père Noel n'existe pas, que c'est un homme ordinaire qui le personnifie, et pourtant, j'aime imaginer qu'il y en a un vrai, quelque part, dans un traineau volant. Peut-être que je suis vraiment naïve. 

À travers les yeux d'un enfant, on voit Noël autrement, car nos yeux d'adultes ne voient pas la vie de la même façon. Nos yeux d'adultes voient la vie comme elle est, et parfois, la vie n'est pas très belle. À force de voir les choses avec des yeux d'adultes ont devient triste, on devient vieux. C'est pourquoi j'essaie parfois de tromper mes yeux d'adultes. Lorsque j'achète une paire de lunettes fumées par exemple, je choisis une couleur chaude et j'évite les tons de gris à tout prix. Tant qu'à voir la vie à travers un filtre, je préfère un filtre qui me la rendra plus belle. Peut-être que je suis vraiment naïve.

Mon plus beau Noël, je l'ai vécu lorsque j'avais 8 ans. C'était au même moment où ma carrière de vedette de la chanson internationale battait son plein, période où j'interprétais mes plus grands succès de Noël au milieu du salon devant un public qui m'acclamait et en redemandait encore. L'arbre de Noël était gigantesque et fourni. De doux effluves du sapin, mélangées aux odeurs de nourriture embaumaient la maison. Au bas du sapin, il avait la crèche de ma mère que notre chien Coquin chiquait un peu plus chaque année. Le petit Jésus était défiguré, un des trois rois mage n'avait plus de tête et on avait perdu le boeuf depuis deux ans. Mon père l'avait remplacé par le cochon rose de ma ferme d'animaux en plastique au grand dam de ma mère. Enfin, c’était notre crèche et on l'aimait ainsi, surtout Coquin qui se réjouissait dès que ma mère l'installait. Cette année-là, la maison était pleine à craquer. Ma mère avait passé deux jours au fourneau et j'avais hâte que tout le monde arrive pour aller à la messe de minuit, manger un bout de tourtière avec des petits cornichons sucrés, déballer mes cadeaux, jouer un peu et finir la soirée couchée dans les manteaux de fourrure parfumés de mes tantes.

Ce Noël-là, je fus comblée de cadeaux plus incroyables les uns que les autres: une barbie avec sa tente-roulotte, un petit fourneau pour faire des gâteaux, un beau chandail bleu avec des brillants multicolores, un bâton de hockey pour jouer dans la ruelle avec mes amis, une paire de mitaines rouge avec un long cordon qui s'enfilait sous le manteau, un jeu lightbright, une paire de pantoufles en Phantex rose, un ensemble de pâte à modeler (ce que je préférais le plus au monde) et puis un tout petit cadeau emballé dans du papier brun avec une boucle rose. C'était le cadeau de ma tante Clara. Clara avait au moins 70 ans, ses cheveux étaient bleus, sa peau trop plissée et elle sentait la vanille. C'était, une vieille excentrique disait, ma mère. Elle, elle n'avait pas eu d'enfants. Elle, elle  était seule. Je dois avouer que j'avais un peu peur de ma tante Clara avec ses yeux globuleux. Sa présence me gênait. En plus, elle donnait des becs mouillés. Elle parlait peu, mais fort et ne souriait pas souvent. Une des traditions dans notre famille c'était d'aller développer notre cadeau devant la personne qui nous l'offrait. Je m'étais donc avancée devant ma tante Clara d'un pas incertain, avec le petit cadeau un peu bizarre entre mes mains. J'avais gardé une distance acceptable pour me sauver, au cas où... Tranquillement, j'avais développé le présent. L'objet de forme triangulaire était fait de métal, il brillait sous le reflet des lumières de l'arbre qui scintillait. Un petit bout de métal me glissa entre les doigts et tomba par terre. J'ai regardé ma mère en le ramassant. Clara me fit signe de m'approcher. Ce que je fis lorsque ma mère acquiesça d'un signe de tête. Clara prit l'objet et me dit:

« Est-ce que parfois tu es triste?»

Interloquée, j'avais lancé un regard incertain à ma mère. Elle m'avait souri.

« Réponds-moi jeune fille, est-ce que parfois tu es triste?»dit Clara

Je fis signe que oui de la tête

« Moi aussi» rétorqua Clara «...et tu sais ce que je fais lorsque je me sens triste?»

Je fis signe que non de la tête

« Et bien, laisse-moi te montrer. Tu vois ce triangle?» elle le prit dans ses mains avec le petit bâton.

Je fis signe que oui de la tête

« Lorsque je suis triste, je prends le petit bâtonnet, et je donne trois coups sur le triangle »

Elle s'exécuta et trois jolis sons résonnèrent dans le salon. Les conversations s'arrêtèrent et le silence envahit l'espace.

« C'est ainsi que l'on appelle les anges... Lorsqu'on les appelle, ils viennent voler au-dessus de nos épaules et ils nous font un câlin pour effacer nos peines ».

Un sourire s'empara de la bouche de Clara. Je souris aussi en regardant au-dessus de ses épaules.

« Tu les vois? »

Et à ma grande surprise, je fis signe que oui de la tête. Les éclats de rire de ma famille me surprirent et j'éclatai de rire. Clara me donna le triangle avec un gros bec mouillé. Je me mis à sauter jusqu'à mes autres jouets et commençai à jouer avec mon Lightbright en compagnie de mon cousin Léo.

Six mois plus tard, alors que je faisais une chasse au trésor  dans les rues de mon voisinage, j'ai vécu le premier drame de ma vie. Alors que je revenais à la maison chevauchant mon bicycle à siège banane bleu, Coquin m'aperçut et fut envahi d'une frénésie incontrôlable. Heureux de me voir, il tira si fort sur sa laisse qu'il se détacha et traversa la rue au même moment où un véhicule passait. Sa mort fut foudroyante. Mes parents l'enterrèrent dans la cour arrière avec une croix et dessus son nom. Mon coeur fut brisé en mille morceaux. Pendant des jours j'ai pleuré dans ma chambre. Pendant des jours je suis restée là sans avoir le goût de voir mes amis, sans avoir le goût de jouer. Puis un jour, j'ouvris mon tiroir de jeux pour la dixième fois en espérant de trouver un jeu qui me sortirait de ma torpeur quand j'aperçu dans le fond, sous des dessins,   le triangle que tante Clara m'avait donné. Je le pris dans mes mains et le regarda longuement. Pfff! fis-je sans m'en rendre compte. Avec mon index je le frappai, rien. Puis, j'aperçus le bâtonnet de métal dans le tiroir encore ouvert. Pfff! fis-je à nouveau. Je me mis à inspecter l'objet dans ses moindres détails. Le triangle n'était pas fermé. Lorsque je le tenais par sa petite poignée en corde, il se mit à tourner sur lui même, indomptable. Puis, en prenant une grande respiration, je saisis le petit bâton et je le fis tinter trois fois. Rien, mis à part le joli son. Je pris soin d'inspecter autour de moi et au plafond si quelques anges s'étaient manifestés. Déçue, je le fit tinter à nouveau en me fermant les yeux. Tout à coup, une chaleur m'enveloppa. Je ne sais pas comment vous l'expliquer, en fait, je crois que c'est inexplicable. Je sais que cette chaleur m'envahit peu à peu et arriva jusqu'à mon coeur. Je sus que tout allait bien aller. Je souris.

Ce souvenir me fait encore sourire, car je n'ai plus mes barbies, mes peluches ou ma pâte à modeler. Je n'ai gardé qu'un seul souvenir de mon enfance et c'est le triangle de tante Clara. Il a retenti toute ma vie  lorsque j'étais triste. Peut-être que je suis vraiment naïve, mais plus je pense que tante Clara m'a donné l'un des plus beaux cadeaux dans ma vie. Elle m'a fait comprendre que les choses les plus extraordinaires dans la vie sont celles que l'on ne peut expliquer, et ces choses-là, on ne peut les voir qu'avec des yeux d'enfants.

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 03:30

as-seen-on-tvQui n'a pas succombé à une infopub? Si vous avez répondu sans aucune hésitation: moi! Je vous félicite! Vous n'êtes pas un consommateur compulsif et vous n'êtes pas dupe. Je ne peux en dire autant. L'autre jour, j'ai ouvert la télé et je suis tombée sur une infopub. Je ne sais pas pourquoi, mais plus j'écoute John MacKan, Mac Davis ou Betty Clarkson parler, plus je suis hypnotisée et mes neurones se meurent. John, Mac, Betty, vous êtes les messies des temps modernes, mais nous ferions quoi sans vous? Vous me rappelez mon enfance, quand les lèvres des personnages de la Petite Maison dans la Prairie ne s'animaient pas au rythme des paroles traduites. Vous inhibez mon jugement, vous arrivez à me convaincre que je viens de découvrir la huitième merveille du monde. Je suis l'heureuse élue, car VOUS m'avez choisie... Mon beau-frère aussi a été choisi l'autre jour, et il a commandé le scam-shine, un chamois révolutionnaire! Plus il frotte, plus ça essuie! C'est comme de la magie, sans compter la collection de petits sapins sent-bon aux légumes qu'il a reçus en prime! J'hallucine, je suis heureuse comme ces millions de téléspectateurs qui s'abreuvent la bonne nouvelle. Oui, je veux des abdos de béton, oui, je veux un soutien-gorge qui épouse les lignes de mon corps, oui, je veux une peau de velours, oui, je veux faire des tranches de patates égales, oui je veux un ensemble de peinture pour mon chat, oui, je veux un appareil super performant au lieu de 28 qui traînent sur mon comptoir, oui, je veux éliminer mes poils superflus, oui, je veux des couteaux qui ne s'usent jamais, OUI! OUI!! OUI!!!

 

Partout dans le monde des millions de personnes sont satisfaites, pourquoi pas moi? Des experts ont testé ces produits et me disent qu'ils sont extraordinairement performants. Pourquoi me mentiraient-ils? Ils portent des sarraus blancs après tout! En plus, des gens ordinaires, comme moi, ou mieux encore, des vedettes du petit écran affirment que cette nouvelle vadrouille me rendra heureuse! Elle nettoie tout, tout, tout sans lever le petit doigt! Effectivement la nouvelle vadrouille «clean-sitting-on-your-sofa» a des microfibres développées par la NASA. Ils l'ont testée pour nettoyer les navettes! Et c'est à ce moment que j'ai tout compris! Vous avez déjà vu un astronaute en état d'apesanteur? Imaginez-vous essayer d'épouster de la poussière virevoltante dans une navette, non mais ça prend une foutu bonne vadrouille pour faire la job! Moi, je ne me souviens pas d'avoir vu une navette sale ou empoussiérée. Bon, c'est vrai que je n'ai pas vu ces images souvent, mais j'aurais bien remarqué un rond de poussière sur une console à un moment donné! JE LA VEUX, JE LA VEUX, JE LA VEUX! Et si je l'achète, on m'en donnera deux, doublant ainsi mon bonheur, en plus, j'aurai droit au cadeau-surprise!!! Quoi? Si j'achète dans la prochaine minute, on me donnera la lune? Mais vite, il ne me reste que 45 secondes!!! Je saute d'un bond sur le téléphone!

 

- Ducontroniks bondjour

- Oui je la veux!!! dis-je sans reprendre mon souffle.

- Vouz voulezzz quoi?

- La vadrouille clean-sitting-on-your-sofa, la vadrouille qui nettoie par la pensée!

- Ok, vôtri nomz please

- Madame Gnochonne

- Madame Connechonne, vouz voulez la sotte quiz vienne aveks?

- Euh... sotte, moi mais....mais... et en passant je suis une Gnochonne pas une Connechonne.

- Ouiz, nonz, madame Cognechonne but it's une sotte poaur mettriz laz mop qui fit perrrrr-fectly dedanz.

- Ben, j'ai déjà un seau madame

- Ok, but ce sotte is trèz special, elle fit perfecftly poaur la mop. No eau surz la planchère, noo eau sur laz microfibers et unz poignetz ergonometrics pourz vouz qui évitez laz mal de voz dosz .Laz couleour se vaz bonne avec le mop et vouZ saloon.

- D'accord, donnez-moi la sotte, euh le seau madame.

- Ok, avec la deal tu az one sootte mais duz mopes, tu doiz payès l'additonal sotte.

- D'accord, je paye pour la sotte, euh, le seau, car pour 3 paiements faciles de 9,99$ pour deux vadrouilles et des cadeaux gratuits, je peux acheter une sotte, euh un seau. Vous incluez le cadeau gratuit, c'est quoi?

- Ouiz, vouz avez duz mops, duz manchesz, ET les very special microfiberz au bouttes développéesz par NASA, unez pognette anti-déranpentes que vouz entourez la manchesz avec et 1 sotte euh, vouz en valesz deauz. En pluz, vouz recevezuz une Super-syphon pour le bolz de vouz toilettez. Vouz avèz le mega cream-auto-nettoyantez poaur la ciment et le proceline. Et une gante pour le douchez voz corps aprèz le lavement de voz planchère. Haha, voz pouvez lavez vos-même aprèz la planchère et une tube de poudruzs pooaur voz mainz douce comme laz fessis d'une baby.

- D'accord, merci. Quand puis-je espérer recevoir mes vadrouilles?

- huitz àz diz semainez, car beaucoupz de commindesz.

 

Trois mois plus tard, j'ai reçu mes vadrouilles, mes seaux jaune-serin, mon siphon, ma crème nettoyante et mon gant de douche avec de la poudre à fesse à la vanille. J'ai dû payer 45$ de frais de dédouanement pour obtenir mon colis qui faisait 6 pieds de long et pesait au moins 30 livres. De retour à la maison, j'ai tout développé. Les vadrouilles ressemblaient à celle que j'avais déjà, mais les miennes n'avaient pas les super microfibres autonettoyantes. Je mis de l'eau dans le seau avec un peu de crème et j'y plongeai une des vadrouilles. Assise sur mon sofa, je me mis à penser à la propreté de mon plancher. J'y pensa, et pensa et repensa en me concentrant...

Un long coulis de bave dans mon cou me réveilla d'un coup sec! La vadrouille s'était remise toute seule dans son seau. In-cro-ya-ble ce produit! Lorsque je fis une inspection de mon plancher, que j'imaginais avoir été récuré par ma vadrouille fantastique, j'ai réalisé que ma super vadrouille avait fait les coins un peu ronds. En fait, elle ne frottait pas très fort. Étrange, dans l'infopub le plancher brillait comme un sou neuf... Je saisis les instructions et les lus avec attention. Il était recommandé de finaliser le nettoyage avec de l'eau claire, en passant la vadrouille soi-même. Hum... Ok, je m'exécutai. Le résultat fut concluant. La vadrouille clean-sitting-on-your-sofa fonctionne vraiment bien quand on finit par un petit coup à l'eau claire. Quelle joie! Comme suggéré par ma gourou, je pris une douche, mais le gant «prime gratuite» était rugueux et m'écorcha la peau. Une fois séchée, la poudre s'incrusta dans ma peau irritée. Je me promis d'éviter cette activité la prochaine fois.

Je n'avais pas encore fait mon troisième paiement que ma première vadrouille avait perdu toutes ses microfibres et je lavais uniquement à l'eau claire mes planchers. J'avais maintenant deux seaux jaune-serin et une vadrouille. Plus jamais on m'y prendra. Quelle sotte!

 

P.-S. L'ensemble de peinture pour chat ou pour chien est en liquidation à la boutique TVA pour deux petits versements de 25,45$  faite vite, c'est votre dernière chance avant Nowel!

http://www.shoppingtva.ca/animaux-jouets-promenade-toilettage-animaux-chats-chiens-jouets-literie-jouets-ensemble-de-peinture-pour-chat-avec-tasse-TSH400431-fr-pr

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 05:32

 

AddictionsCoverArt5Parlons en des dépendances! L'être humain est multi-dépendant. C'est vrai, dès notre naissance on est dépendant de nos parents. Ils nous donnent notre nourriture, nos vêtements et bien sûr, de l'affection. Puis, lorsque l'on devient grand, certains disent «indépendants», mais permettez-moi d'en douter, nous restons quand même dépendant de l'air, de l'eau, de la nourriture des vêtements et de l'affection des autres. C'est comme si sans certaines dépendances, nous ne sommes plus rien, encore peut-on se demander si nous ne serions pas beaucoup plus sans elles?

Au fil du temps, on développera une multitude de dépendances. Pour ceux qui ont une faible estime de soi, ils deviendront dépendants affectifs, pour ceux qui ont un grand vide à l'intérieur, ils développeront peut-être une dépendance aux drogues. Mais ultimement, l'Homme est un être inter-dépendant. On dépend tous les uns des autres qu'on le veuille ou non. 

 

Le cas de Marie-Plume

Ma cousine Marie-Plume, vous vous souvenez d'elle, elle travaille comme changeuse au métro Jolicoeur? Celle qui ne sourit jamais? Vous la replacez? Et bien Marie-Plume est accro au chocolat, au After Eight plus précisément. C'est bien cela, le chocolat des années 1970 que plus personne ne mange aujourd'hui. Je soupçonne qu'ils en fabriquent encore à cause de Marie-Plume ou d'un obscur marché illicite en Inde. Lorsqu'elle transpire, sa peau suinte un doux parfum de menthe, moi je suinte le café, à nous deux, dans la même pièce, on devient presque une saveur de crème glacée! Enfin! Dès qu'elle a une petite baisse, et cela arrive assez souvent, car se taper des milliers d'usagers des transports en commun qui ne lui posent que deux questions: comment je me rends au Métro Berri-deMontigny? Ou encore, ma carte ne fonctionne pas, que dois-je faire. Il y a de quoi rendre fou n'importe qui. Je disais donc que lorsqu'elle a une petite baisse, elle enfile un After Eight. Et ici, on parle de «après» 8 h AM!  La sérotonine fait son effet, et même si cela ne la pousse pas jusqu'à sourire à un usager du Métro, elle peut survivre jusqu'à sa prochaine pause... vers 9 h 30.

L'autre jour, je lui parlais au téléphone et je lui ai dit qu'elle devait surveiller sa consommation de sucre si elle ne voulait pas se retrouver avec un cas de diabète. Elle me répondit que c'était plus fort qu'elle, ce besoin la contrôlait, son morceau d'After Eight dans la petite enveloppe noire, en plus d'être mignon, c'était son fix. Je lui ai dit «mais tu dois comprendre la raison pourquoi tu as le goût de manger morceau après morceau ». Il doit bien y avoir une raison non? «Cé pas» qu'elle me répondit.

 

Le cas de Madeleine

Mon voisin l'appelle «chaude Mado». C'est que Mado enfile les mecs comme elle enfile ses nylons. Mado est incapable d'être seule, elle existe uniquement dans les yeux d'un homme. Alors, elle s'arrange pour exister. Des jeunes, des vieux, des grands minces, des petits poilus, peu importe. Je ne juge pas son choix de vie, mais il m'intrigue. Alors que nous revenions en même temps de faire des courses, je trouvai bizarre de la voir seule. Elle qui ne semble être que la moitié d'un autre.

- Et Mado, ça va?

- Non...

- Que se passe-t-il?

- Ron et moi avons rompu!

- Ron, le mec avec une moustache?

- Non, lui c'était Serge!

- Oh désolée...

- Je ne sais plus quoi faire, ça te dirait d'aller clubber avec moi ce soir?

- Clubber? Euh... Pas certaine....

- Je ne peux pas rester seule, je vais devenir folle!

- Mais tu peux passer une belle soirée à faire ce qui te fait plaisir...

- Euh... non, moi c'est mon chum qui fait ça!

- Non, non, je ne faisais pas allusion à rien de...de... tu n'aimes pas lire?

- Non

- Aller voir un film que tu désires voir depuis longtemps?

- Seule jamais, pis je ne connais pas le cinéma, Pierre lui connaissait tous les bons films à l'affiche

- Te relaxer? Prendre un bon bain?

- Je suis trop stressée

- Euh, méditer?

- Hein? Regarder le plafond en pensant que je suis toute seule?

- Non, faire un peu le point sur ta vie, tes noms..tes relations, décider ce que tu veux, je sais pas?

- Je veux un chum et c'est pour ça que je veux aller clubber, qu'est-ce que tu ne comprends pas?

- Ben oui, je... je ne comprends rien à rien....

- Désolée, ce soir, je, je dois faire mon ménage. Si tu voyais mon appart! 

Le lendemain, Mado avait retrouvé le sourire aux bras de Paulo, un genre de gars de bicycle aux gros bras mais au coeur tendre.

 

Le cas de Steeeve et de Simon


Steeeve c'est le frère de Marie-Plume et le seul homme qui a trop de « e » dans son prénom. Steeeve ne vit que pour les jeux vidéo. À 40 ans, il passe ses fins de semaine à jouer avec des jeunes garçons au Temple du jeu, avec la seule intention de battre son record de 577 400 points au Super Donjon Death Trap ou quelque chose du genre. Un jeu vidéo qui à mon avis rend gagas tous ceux qui y jouent. Avec l'avènement de l’ultra super haute-vitesse, Steeeve est devenu un ermite. Branché jusqu'aux petites heures, il franchit les niveaux avec autant de dévouement que si c'était pour une nouvelle promotion au travail. Il me dit qu'il oublie tout quand il joue. Il voit la vie en pixel, comme si lui aussi était un super héro dans sa vie de tous les jours.

- Parfois au feu rouge, je m'imagine qu'une vieille dame traverse et qu'un Phénix descend pour l'accrocher dans ses griffes. Je sors de l'auto et je lui lance un jet de laser entre les yeux. L'oiseau tombe raide mort. Haha.

- Euh... Tu me niaises là?

- Hey hé, ben sur que je te niaise cousine! Ce n’est pas parce que je joue à des jeux vidéo que je suis un tarla!

- Mais, à part les jeux vidéo que fais-tu? Es-tu capable de ne pas ouvrir ta console pendant une journée?

- Ça m'arrive...

- Et que fais-tu?

- Bof, pas grande chose, je végète comme tout le monde.

- Mais Steeeve, les gens ne végètent pas, !?!

- Mais ils ne détiennent pas le record Nord-américain de Death Donjon blababla

- Vu de même....

- Mais qu'est-ce que tu essaies d'oublier en jouant autant?

- Je ne sais pas.... Tout, rien, je pense...

 

Je me dis qu'il en a long à oublier à jouer à se rythme! C'est comme Simon, un pote de classe que j'ai retrouvé sur Facebook. Il m'a dit qu'il avait commencé à boire pour oublier. Beaucoup d'hommes ont besoin d'oublier, et je n'ai pas recensé les femmes, mais je pense que le nombre pourrait être égal. Aujourd'hui, les gens ont besoin d'oublier. Rien de neuf là-dedans, pendant le crash des années 29-30, les gens avaient besoin d'oublier, pendant les deux grandes guerres aussi. Avant on avait besoin d'oublier nos malheurs collectifs, ceux qui nous affectaient, aujourd'hui on a besoin d'oublier nos malheurs personnels, ceux qui minent toute la société. Les nouvelles générations sont accros à la surconsommation et au texto. On a 4 trucs de la même bébelle électronique. C’est sans fin surtout que ces objets ont une durée de vie plus courte qu'une mini-jupe. Et les textos, les amis virtuels, parce que des relations face à face on ne sait plus c'est quoi au juste. Remarquez que je fais partie de la génération spray-net et que grâce à nous le trois quarts de la couche d'ozone a disparu. Tout ce qui nous importait c'était le look d'enfer, dans le sens d'ENFER quand je regarde mes vieilles photos de cette époque. Aujourd'hui on a passé à autre chose, il faut avoir confiance. 

La balance

Les dépendances ça sert aussi à ça. Il y en a des anodines, d'autres qui détruisent nos vies. Aujourd'hui on a l'embarras du choix pour choisir sa dépendance.  Une collègue au bureau me racontait qu'elle était dépendante au taxi. Dès qu'elle le pouvait, elle sautait dans un taxi! Il y en a qui sont accro au magasinage, à l'ordinateur, d'autres à la télé, certaines au maquillage, d'autres aux sports à la télé ou à la pizza, au coca, aux drogues, à la cigarette, au sexe.... la liste est infinie. Toutes ces dépendances dressent un portrait de nous, elles comblent souvent un vide, un manque d’estime de soi face aux yeux des autres, une inaptitude à être ce que nous sommes, un manque de confiance... Quand je pense à Marie-Plume, je crois qu'elle est déprimée et qu'elle n'aime pas son boulot, si je pense à Mado, je crois qu'elle ne se connait pas, qu'elle a besoin de quelqu'un pour lui faire croire qu'elle vaut quelque chose, qu'elle a trouvé le bonheur alors qu'elle doit avant tout le trouver pour elle-même, quand à Steeeve, il ne veut pas devenir un adulte et avoir des responsabilités. Mon copain Simon, il voit la vie comme un fardeau et n'arrive pas à recommencer en se pardonnant ses erreurs... Peut-être que je me trompe, mais nos dépendances nous trahissent. Les dépendances équilibrent nos vies si elles sont pratiquées avec modération, mais si elles prennent toute la place, elles les empoisonnent.

 

L'abus se gère une fois de temps en temps, mais la modération a bien meilleur goût!

      

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