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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 22:18

« L'amitié est un état d'esprit, un lien particulier qui unit les êtres humains». 

 

En japonais: amae

 

Je suis en peine d'Amitié. Ça se peut vous pensez ? Je pense que si. Enfin, je le vis, donc je vous assure que c'est possible. J'ai un trou dans mon coeur pour quelqu'un pour qui j'ai toujours eu la plus haute des considérations, quelqu'un pour qui, au fil des ans, des bons moments, des épreuves , des rires, des pleurs, des erreurs, des bonheurs partagés, j'ai développé des liens presque filiaux. Je n'ai jamais pensé une seconde que cette amitié aurait une fin. Et pourtant... force est d'admettre qu'aujourd'hui je me retrouve seule à encore y croire. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle était vraie pour moi, et que le mot « toujours » fait partie de mon vocabulaire. 


 - Mais comment peux-tu dire toujours, t'es con ou quoi ?


 - Con toi-même peureux !



Je sais que nous vivons dans ces temps où tout est éphémère. On aime pas, on jette et on rachète un nouveau modèle - littéralement - avec les gens comme avec les choses. On court après les moments de gratification instantannés. On court après la facilité. « Toujours » c'est de l'idéalisme naïf et vieillot, ce mot n'a plus sa place !  En plus, il ne faut surtout pas promettre quoi que ce soit aux autres lorsqu'il s'agit des sentiments. Dire aux gens qu'on les aimes trop, c'est étrange. C'est beaucoup plus confortable d'être dans la position de celui qui dit ; "Ben écoute, je ne t'ai jamais rien promis! ". Pfff

 

Lorsque j'étais petite, mes amitiés devaient répondre à essentiellement quatre conditions: tu me fais rire,  tu as de l'imagination, tu aimes jouer dehors et tu as des jouets trop cool pour les jours de pluie. Dans l'affirmative, tu pouvais être mon ami(e). Je devais aussi répondre à des critères similaires afin de gagner de nouvelles amitiés. Cependant, quand on répond à si peu de critères, une amitié peut être éphémère. La fameuse phrase: Tu n'es plus mon ami! résonnait assez souvent de part et d'autre. Et puis une semaine plus tard, la roue tournait à nouveau. 

 

Un peu plus tard, les amitiés se sont compliquées parce que la vie m'offrait beaucoup plus que de rire et de jouer. L'Amitié, on ne partage pas cela avec n'importe qui. Arrive un temps où on les choisit. Il faut le faire sérieusement. J'ai toujours pensé que l'anglais nous offrait un peu plus avec deux verbes pour exprimer ce que l'on ressent. Il y a le verbe like et le verbe love. Ex: I like pizza et I love pizza. En français il n'y a qu'aimer que l'on utilise à toutes les sauces. Pourtant, il y a les copains, les amis, les Amis et les amours. On aime pas toujours de la même façon. Mais aimer c'est aimer. On ne comprends souvent pas pourquoi, c'est un état de chose.

 

Ce que j'ai appris au fil de mes amitiés c'est que certaines sont superficielles et d'autres sont profondes. Il y en a de passage et d'autres qui sont plus importantes que tout. Certaines avec un « a » minuscule et quelques unes avec un grand A. J'ai appris aussi que les amitiés avec un grand A sont nécessairement inconditionnelles. Peu importe ce qui arrive. Elle sont encrées si profondément qu'elles ne meurent jamais. Je redoute les amitiés qui sont vendues à tempéramment, celles qui sont conditionnelles. Pourtant elles existent. Ce sont certes celles qui font le plus mal. 

 

On a tous besoin d'Amis, de confidents, de compagnon de route. Les grandes amitiés de ma vie, je ne les ai pas choisies consciemment, se sont elles qui m'ont choisie. 

 

Bref, je n'ai donné qu'à quelques occasions mon Amitié, ma vraie, celle qui part de mes trippes. Et ces Amitiés là, je ne les reprendrai jamais, pour moi elles sont inconditionelles, car elles sont plus puissantes que les irritants que l'on peut trouver chez tout ceux qui nous entourent. Je devrai apprendre à vivre avec une peine qui sera toujours vraie pour moi, aussi vrais que sont mes sentiments. 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 03:51

celineMa cousine Marie-Plume m'appelle l'autre jour découragée de la vie. Mais qu'y-a-t-il je m'empresse de lui demander. J'ai des crottes sur le coeur me répond-elle. Ah oui? À propos de quoi? Elle me dit que ce n'est pas à propos de quelque chose mais plutôt de quelqu'un. Ok. Et ça te mets à l'envers? À l'envers! s'exclame t-elle, ça empoisonne ma vie! J'y pense tout le temps, ça me met en colère, ça me gruge...

 

Enfin, me dis-je, voilà peut-être la raison qui expliquerait son embonpoint. Marie-Plume, contrairement à son nom, se range plutôt dans la catégorie des poids lourds. Ne vous méprennez pas, je n'ai rien contre le surplus de poids, et je trouve les starlettes de Hollywood plutôt laides avec leur maigreur qui me fait frisonner. Néanmoins, il me semble que Marie-Plume se cache sous toute cette graisse, comme si elle s'était fabriqué un refuge bien douillet. Peut-être n'est-ce qu'une révolte contre le prénom ridicule que lui ont donné ses parents. Si c'était la raison, je la comprendrais et aurais fait probablement autant.
 

- Tu veux en parler ma grande? lui dis-je
- Je ne sais pas...
- Alors pourquoi m'appelles-tu?
- Parce que ça ne peut plus durer... 
- Ok.


Le silence téléphonique s'installe. J'entend sa respiration lourde au bout du fil. Elle en a déinitivement gros sur le coeur.
 

- Marie-Plume?
- ...
- Marie-Plume dis-je tout doucement.

- C'est ma mère...

Je ne répond pas.

- Je... Je pense qu'elle ne m'aime pas. Je pense qu'elle aurait souhaiter que Céline Dion soit sa fille plutôt que moi.
 

Il faut dire que sa mère, Béatrice, voue un culte à Céline. Posez-lui n'importe quelle question sur la Diva et elle vous répondra. Elle a mémorisé une quantité astronomique de faits divers sur son idole. C'est édifiant.
 

- Marie-Plume, je ne pense pas que ta mère préfère Céline à toi! Je crois que le lien parent-enfant est plus fort que tout.
- Je ne sais pas, je ne sais plus. Tu sais comment elle est devenue fan de Céline?
- Non, je ne sais pas.
- Et bien à 16 ans, je suis tombée enceinte. Croyant avoir une alliée dans ma mère, je lui ai dit. Elle a flippée! Elle m'a dit que j'était une salope et que j'avais détruis sa vie. J'ai quitté la maison. J'ai eu l'enfant que j'ai donné en adoption. Nous n'en avons plus jamais discuté. Elle s'est lancée corps et âme dans son adoration pour Céline. Moi, je n'ai plus vraiment existé à partir de ce moment là, malgré mes 6 pieds et mes 375 livres. Je suis devenue transparente. Mon père nous a demandé de sauver l'honneur de notre famille en se revoyant dans des occasions avec les autres membres de la famille, mais, on ne s'est plus vraiment parlé.

- Ouf! Je ne savais pas.
- Tu es la seule. Même mon frère Steeeve ne le sait pas. 
- Peut-être devrais-tu confronter ta mère?
- J'ai déjà essayé mais tout devient hyper émotif en deux temps trois mouvements et ça dégénère au point où elle m'a mise à la porte la dernière fois. Regar comme Céline fait une belle vie qu'elle me disait, tu devrais la prendre pour exemple.

Les crottes... Il y en a des petites, mais il y en a des grosses. Il y en a qui vous donnent mal au coeur toute une vie durant. De l'extrieur c'est facile de dire: parlez vous bon dieu! Lorsqu'on le vit c'est moins évident car si l'un est prêt à ouvrir le dialogue, l'autre ne l'est peut-être pas. C'est peut-être pour cela que les crottes fond des gros tas, si vous me pardonnez cette douteuse analogie. 

- Tu veux que je parle à ta mère?
- Mmmmm, non, il n'y a que moi qui puisse régler cette situation. Il y a des jours où j'ai envie de faire un effort, d'autres pas. Tant qu'il n'y a pas d'ouverture de sa part je ne peux rien faire. Je me sens juste un peu mieux d'en avoir parlé à quelqu'un. Je ne peux cepandant pas éliminer la tristesse qui m'envahit.
- Tu sais Marie-Plume, je pense qu'une des choses les plus difficile dans la vie c'est d'être parent. Je ne crois pas qu'aucun parent désire ce qu'il y a de moins bon pour son enfant. On fait un enfant avec le désir qu'il sera plus que soit.  Les attentes sont parfois trop élevées. Parfois l'on se perd soi-même dans l'autre. Je ne sais pas comment tu peux changer ta mère, mais toi, tu peux changer la façon dont tu vois les choses. Tu peux lui pardonner, tu peux te libérer...

Une fois encore le silence s'empare de la ligne téléphonique.

- Peut-être me répond-elle.... Ostie de Céline à marde! Que je l'haguie!
- Céline n'a rien à voir là-dedans, ce n'est qu'une béquille.
- Ché ben.
 

Quelques mois plus tard, notre famille s'est réunie pour fêter l'anniversaire de mon oncle Léo. Marie-Plume s'est avancée au milieu de la pièce et c'est tournée vers ses parents. Elle s'est mise à chanter. Je n'ai pas reconnu immédiatement la chanson mais j'ai vu sa mère se crisper, puis pleurer. 


Marie-Plume chantais la face B du premier single «Ce n'était qu'un rêve» de Céline Dion. La chanson s'intitule: l'amour viendra : ...


Un jour l'amour viendra
Et qui vivra verra
Demain c'est loin de mes envies
Ma vie a moi c'est aujourd'hui

Joli sapin d'hiver
Mouette sur la mer
Tourner tourner à tous les vents
L'amour prendra son temps

J'ai tant de choses à voir
Et tant de choses à faire
Le monde s'ouvre devant moi
Je ne sais pas encore ou commence la terre
Je ne sais pas ce que je crois
Je vis dans la ronde de mes images
Je fais des fleurs avec tous les nuages
Je découvre d'un regard nouveau
Tous les rêves de Marco Polo

Rêver, chanter, rêver
Courir après l'été
Voila voila ma seule histoire
L'amour viendra plus tard
Voila voila ma seule histoire
L'amour viendra plus tard

J'ai tant de choses à voir
Et tant de choses à faire
Ma vie ne fait que commencer
J'ai des musiques au fond de toutes mes prières
J'ai des montagnes à espérer
Je suis comme un peintre aux couleurs nouvelles
Je peints le monde avec un arc-en-ciel
Et je veux conduire tous mes bateaux
Jusqu'a l'île de Monte Cristo

Rêver, chanter, rêver
Courir après l'été
Voila voila ma seule histoire
L'amour viendra plus tard


Nous avons tous chaleureusement applaudie Marie-Plume qui n'avait jamais chanté devant nous. De sa charpente robuste s'échappait une voix aigüe, douce et divine. Je ne crois pas qu'une seule personne n'ait pas été émue par sa prestation. À la fin elle s'est tournée vers moi et m'a sourit. J'ai souris à mon tour quand j'ai compris qu'elle était enfin libre.

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 05:26

man_in_the_maze_01.jpgJe me demandais ces jours-ci s'il est possible de laisser entrer une autre personne dans nos jardins secrets. Par jardin secret, je veux dire de s'exposer à une autre personne dans toute notre beauté intérieure, mais aussi dans toute notre laideur, dire ce que l'on pense vraiment au risque de blesser, agir au risque de se tromper, se laisser à être soi-même sans aucuns compromis, être, dire et faire sans retenue aucune. Est-il possible de laisser tomber tous nos filtres, toutes nos barrières, tous nos mécanismes de protection affectifs et se mettre à nu, sans excuses, sans la crainte de se faire juger, sans être consumé par la peur d'être mis dans un tiroir ou une petite case qui nous définie comme un être complexe, voir même compliqué ou inapte portant en lui les blessures de sa vie. Est-ce possible de le faire au nom de l'amour ou même au nom de l'amitié? Je ne le crois pas.
 

DROIT DE RÉSERVE
La majorité d'entre nous font appel à ce que je qualifierais le droit de réserve. C'est ça notre jardin secret. L'endroit où seul nous avons accès. L'endroit où se trouve l'entrée du puit de nos abîmes. Qui voudrait nous accompagner dans le labyrinthe de nos toutes nos incertitudes, de toutes nos inaptitudes, de tous nos défauts, de tous nos questionnements, de toute notre laideur? On montre le beau, on cache le laid ou du moins la couche la plus profonde. Normal, on veut se faire aimer. Ces deux dimensions font ce que nous sommes.  Je crois qu'il est possible de rester authentique, honnête et vrai à l'intérieur sans exposer nos complexités. Malheureusement, il me semble qu'il soit impossible de montrer ces deux dimensions sans aucune retenue. Je crois que nous restons toujours dans un cadre que nous nous sommes fabriqué et qui reflète la plus belle image de soit. Nos jardins secrets doivent rester un secret en partie. Nos relations avec nos proches ne doivent pas dépasser certaines limites. Ces limites sont fixées par nous afin de ne pas atteindre une vulnérabilité qui nous mènerait à notre perte ou encore, certaines limites qui sont fixées par l'autre selon ses capacités à accepter ce que nous sommes. Nous avons tous nos idéaux, nous les recherchons tous, nous faisons tous des compromis, nous essayons tous de répondre à l'idéal des personnes qui nous aiment, nous avons tous le besoin d'être aimés. 


Il est humain de juger les autres selon nos propres perceptions, nos propres valeurs. Le jugement n'est pas nécessairement une chose négative, il n'est pas nécessairement un synonyme d'acceptation ou de rejet. À mes yeux c'est plutôt un point de départ pour déterminer qui nous sommes en tant qu'individu, entre d'autres termes, il est nécessaire de se comparer pour se définir. C'est la nature humaine qui nous pousse à analyser les différences des autres pour se situer soi même. Ce même jugement nous permet de faire des choix comme par exemple de déterminer avec qui nous sommes compatibles. C'est le point zéro de notre système décisionnel.
 

J'ai toujours eu un goût pour l'absolue, j'ai vite ressenti que cela n'était pas possible à atteindre. Je relisais des textes que j'ai écris durant mon adolescence où je ressentais à quel point nos relations humaines étaient impersonnelles, même lorsqu'elles étaient profondes. Elles ne dépassaient pas les limites de l'acceptable pour soi même. L'Abandon, celui avec un grand A, n'existe pas puisque l'on ne l'atteint jamais. Je crois que c'est pour cela que certaines personnes plus que d'autres ont si peur de la mort. Car s'il existe un moment d'Abandon absolu, ce doit être celui-là. Quelqu'un disait l'autre jour, on meurt seul. Je me suis demandé pourquoi? Je comprends que ce sont nos fonctions corporelles qui cessent de fonctionner, mais au-delà de cette dimension, je ne crois pas que nous soyons vraiment seuls. Je me dis que la notion du deuil n'existerait pas si cela était vrai. La grandeur humaine fait que même si la vie fait que nous ne mourrons pas entouré de nos proches, quelqu'un sera témoin de notre mort. Il est difficile de ne pas être affecté par la mort d'un inconnu sur notre chemin, ne serait-ce parcequ'un tel événement nous confronte toujours à notre propre destinée. Certaines personnes attendent la dernière heure pour ouvrir les barrières de leurs jardins secrets et ainsi elles n'ont pas à assumer les conséquences ou les jugements des autres. Le besoin de résolution et d'absolu est plus grand. Je trouve ces moments grandioses et réductifs.
 

Malgré le niveau de confiance qu'il est possible de développer dans une autre personne, on ne peut pas les faire pénétrer dans nos jardins secrets sans devenir vulnérable. Être vulnérable c'est donner le pouvoir à quelqu'un de nous faire du bien mais aussi de nous faire mal. On finit toujours par se faire mal entre nous, même lorsque c'est la dernière chose que l'on souhaite. Au bout du compte, c'est chacun pour soi et ultimement nous tentons tous de sauver notre peau. C'est une leçon de vie qui peut égratigner tout au fond, mais comme souvent les leçons de vie nous enseigner quelque chose à la dure pour que nous comprenions, il ne faut jamais oublier qu'ultimement, elles nous font aussi grandir.

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 05:05

10993711-portrait-de-femme-d-39-affaires-heureux-sourire-deChacun a sa façon de nous dire ce qui ne se dit pas. C'est ce que ma grand-mère me disait lorsque j'étais môme. Aujourd'hui j'ai quarante ans et je commence à comprendre le sens de son propos. Toute ma vie j'ai cru, à tord ou à raison, que ma façon était la bonne, car elle répondait à mes besoins, à ma façon de concevoir la VIe, elle me satisfaisait moi, dans l'univers qui est le mien. Au fil des expériences de ma vie, j'ai appris que chacun a sa façon de dire qu'il nous aime, que l'on a de l'Importance à ses yeux, il en va de même pour ceux qui ne nous aiment pas. C'est ainsi. Aujourd'hui, j'ai choisis de dire parfois ce qui ne se dit pas avec des mots. Toutefois, je cherche encore les bons mots et je ne les trouve pas toujours. Je crois que je les chercherai longtemps encore car j'ai souvent l'impression qu'ils sont limitatifs. Je suis la première à croire que les mots sont parfois vides. Cependant, j'ai compris que parfois ils sont pleins. On peut les remplir de sentiments et de vérités sincères.

 

LA PEUR
Le problème est simple. Lorsque l'on s'est déjà fait dire des mots vides, et cela peut être qu'à une seule occasion, et bien on a peur de les croire - ces mots - la prochaine fois. Cette peur, nous pouvons la traîner toute une vie durant. À chaque nouvelle expérience, elle resurgit sans que l'on puisse vraiment s'en rendre compte car elle habite nos abîmes. Je crois que c'est peut-être la raison pour laquelle l'on croit beaucoup plus facilement dans l'action. L'action prouve concrètement ce dont les mots sont incapables. Il y a là, à mes yeux, quelque chose de triste. Je me blâme la première. La loi du plus petit dénominateur prévaut, celle où une seule personne commet la faute et hop! on l'applique systématiquement la prochaine fois à celui ou celle qui les prononcent ces mêmes mots. Bien fin celui qui nous y reprendra. On appelle ça aussi l'expérience. Le résultat reste néanmoins le même, il y a des choses que l'on exprime plus.

 

Je me demande si la peur affecte moins le négativisme. On passe beaucoup de temps à parler de ce qui est négatif dans nos vies, de ce que l'on a pas et que l'on voudrait ou encore des gens que l'on aime pas. N'est-ce pas l'un des problèmes qui alimente la haine et l'insatisfaction? C'est plus facile de détester et c'est souvent moins exigeant, même si l'énergie que l'on y investit est probablement plus grande que de vivre en harmonie car qu'on se le dise, c'est difficle aimer et surtout d'être aimé. Et si je ne l'aime pas autant? Faire face à des insécurités créées par quelqu'un d'autre, cela peut être insoutenable. Et quand on aime, doit-on exiger qu'on nous le rende à la même hauteur? Cela fait probablement partie des choses qu'on ne dit pas aux autres et parfois, à soi-même. La solution la plus facile c'est de fuir ces situations ambigües si elles ont le malheur de nous arriver ou encore mieux, de les éviter à tout prix.

 

Je suis de la génération des « commitment phobic », la peur est encrée profondemment dans mon ADN. Et pourtant, ce n'est pas ce que je souhaite. Mon seul constat c'est que c'est simplement ce que je suis. Aller à l'entrecontre de ce que la société, mes parents et mes pairs m'ont enseigné c'est comme me déraciner. Il y a tout de même une partie de l'arbre que je suis qui veut voler, qui croit que j'en suis capable. il y a une partie de ma cime qui touche le soleil. Et pourtant...

 

Le bonheur et la profondeur des sentiments rendent souvent les gens inconfortables, moi la première. C'est difficile d'assumer l'amitié ou l'amour des autres, c'est souvent trop impliquant. On nous a souvent répété que rien n'est gratuit. L'amour ou l'amitié ne font pas exception. Ghandi ou les personnage sanctifiés de l'histoire sont des héros, des cas uniques. Dans la religion catholique, on les appelle des saints. Dans d'autres cultures se sont des gens qui ont acquis un statut spécial. Ils l'ont d'ailleurs prouvé par des actions concrètes, documentées et le prix de toute une vie. Dans nos vies insigifiantes et si ordinaires, dire sérieusement «je t'aime» à notre meilleur ami alors qu'il n'est pas sur son lit de mort et que ce n'est pas notre dernière opportunité de le faire, c'est presque tabou, ou à tout le moins c'est considéré « cucu ». Dire « je t'aime » à sa soeur ou son frère c'est considéré souvent inutile ou un acquis. Dire « je t'aime » à son amoureux ou son amoureuse et craindre ne pas recevoir une réponse sincère c'est un risque qu'on vient à ne plus prendre. Pourquoi devoir attendre de direces mots dans l'urgence? Permettez-moi de m'en révolter. Il est vrai que chacun a sa manière de faire qui a été façonnée par la société qui l'a nourrit en son sein. C'est parfois plus fort que nous, c'est la pression de devoir adhérer à la norme. Une société doit être homogène. Être en marge s'avère souvent difficile. Certaines personnes se disent libres alors qu'en réalité, nous sommes tous assujettis tout au fond de nous.

 

 

MA FAÇON
C'est avec l'expérience que j'ai aquise, parfois dans le bonheur, parfois en me faisant mal que je découvre qui je suis. Ma façon n'est certe pas meilleure ou pire que celle d'une autre personne, sa seule particularité c'est qu'elle est mienne. J'ai réalisé que c'est seulement en me « désancrant » de mes convictions profondes que j'arriverai à comprendre les autres, à ne pas avoir d'attentes, à recevoir seulement ce que l'on est prêt à m'offrir et le chérir. Certains donnent beaucoup, d'autre moins, mais cela n'a pas d'Importance. On ne peut donner que ce que l'on a. Chacun le fait à sa façon. Les différences culturelles et l'éducation détermineront toujours ce que nous sommes. Notre chemin de Vie et les expériences vécues nous offriront de saisir la chance de grandir ou pas, mais au-delà de ces barrières, il y a un humain qui fait ce qu'il peut. Je sais que je fais ce que je peux. Je suis toutefois convaincue que demain je serai un peu plus que ce que j'étais aujourd'hui. À mes yeux, c'est ça ma liberté. 

 

Ce que je sais aujourd'hui, c'est ce que les autres m'ont enseigné.  

Je continuerai à essayer de dire ce qui ne se dit pas.

Je continuerai à respecter ceux qui ne répondrons pas. 

Peut-être ferai-je mon chemin seule, mais un jour qui sait, peut-être on me répondra.

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 17:56

dominique strauss kahn et anne sinclair referenceJ'ai commencé à écrire cet article en juillet dernier. Je ne croyais jamais le publier, mais lorsque j'ai entendu à la radio la semaine dernière, la nouvelle poursuite du couple contre le Figaro pour atteinte à la vie privée, je me suis dit, non mais ce n'est pas possible! Voici donc mon article:

Je suis toujours un peu estomaquée lorsque je vois la résilience dont certaines femmes font preuve au nom de l'amour avec un grand A. Existe-t-il un sujet plus complexe, surtout lorsqu'il s'agit de comprendre les motivations profondes d'une femme ou d'un homme à se battre au nom de l'amour? Faut-il se battre jusqu'à se détruire? Personne ne peut juger. Mais on peut se demander pourquoi?  Est-ce l'amour dans sa forme la plus pure, l'immense besoin de se sentir aimé à tout prix, le désir de ne pas être confronté à un échec, ne pas perdre la face ou encore la soif de pouvoir? J'imagine que chacune ou chacun a ses raisons. Chose certaine, dans notre société, et ce, depuis des lunes, l'acte sacrificiel de la femme en amour a toujours été admiré sur la place publique. C'est une sainte pour endurer ce qu'elle endure! Ce qu'elle est courageuse! Elle l'aime d'un vrai amour! Ou encore, qu'elle force de caractère! Chacune a ses limites, chacune est prête à se sacrifier jusqu'à un certain point. D'un point de vue extérieur, il est difficile de comprendre les raisons de cette obstination amoureuse, on doit laisser aller, car j'ose croire que même l'amour peut se dénaturer après un certain temps. Combien de couples restent ensemble parce que c'est plus facile que de se séparer. On apprend à vivre avec un bonheur médium-saignant. Avant que les femmes aient accès à l'éducation, elles ne manquaient pas d'intelligence, elles ne pouvaient simplement pas subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qui justifie ce comportement archaïque?

 

Le cas d'Anne Sinclair est particulièrement intéressant. Riche héritière de l'empire de son père, femme d'une intelligence remarquable qui l'a prouvé grâce à sa carrière de journaliste chevronnée,  femme de pouvoir, femme d'une beauté indéniable qui peut faire tomber tous les hommes est à mes yeux, une femme consternante. Mariée à Dominique Strauss-Kahn en 2001, après l'avoir interviewé sur le plateau de son émission Sept sur Sept deux ans plus tôt, elle reste comme un roc aux côtés de son amoureux. Strauss-Khan a été accusé à maintes reprises d'infidélités, d'agressions sexuelles voire même de viols. Madame Sinclair a choisi le deni absolu devant les médias et son cercle social. On raconte même qu'elle quitte la table lorsqu'une allusion est faite au sujet de son chaud mari. Devant les médias, elle a toujours proclamé son amour pour lui. Le sperme de ce dernier a été trouvé sur les vêtements d'une femme de chambre à New-York, mais elle croit toujours en son innocence. Elle le croit ou elle l'accepte? Quelle force de caractère encence la presse européenne. J'en ai marre que ce soit toujours la faute des femmes avec les réflexions du genre: la petite l'a allumé. Pourquoi protège-t-on ce type d'agresseur? Parce qu'il sont intelligents, parce qu'ils sont riches, parce qu'ils sont puissants? En juillet dernier, plusieurs Français souhaitaient le retour de Strauss-Khan à la présidence du parti socialiste, aujourd'hui ils s'en mordent les doigts. Pourtant, plusieurs répondent que sa vie personnelle n'a aucune importance pour eux. Je ne suis pas d'accord. Il y a des choses qui ne sont pas acceptables dans la société!

 

Je pense à Hilary Clinton qui a passé quelques années dans les journaux aux côtés de son Bill qui courait après tous les jupons, à Jackie Kennedy qui est toujours restée gracieuse devant les fresques amoureuses de son mari. Toutes ces femmes me semblent intelligentes, mais je ne les comprends pas. Peut-être qu'après tout, je ne comprends rien à l'amour. Ils me semble que ces riches et puissants auront toujours la capacité de manipuler la justice et les médias de façon à nous faire douter de la véracité des accusations portées contre eux. Ils seront toujours innocents. On ne va pas en prison pour avoir violé une femme lorsque l'on est riche. C'est qu'elle veut de l'argent. Il y a quelque chose de démagogique dans ce comportement, quelque chose qui me fait comprendre que les femmes sont toutes des putes. Et c'est là que j'ai de la difficulté à comprendre ces femmes intelligentes, puissantes qui valident de tels comportements.

 

Mais ce pattern existe-t-il que chez les riches et célèbre? Je ne crois pas. La différence c'est que les femmes qui se sacrifient au nom de l'amour, au quotidien, on n'en parle pas dans les journaux. Violence, manipulation, viol, et dans la majorité des cas, un amour sous respirateur. Il n'y a pas de 911 d'urgences pour les amours sous respirateur. Elles se retrouvent chez le psy à essayer de comprendre pourquoi elles restent dans une situation qui les rend malheureuses, ou trop souvent, elles endurent en silence. Mais l'intensité de l'amour vrai, ne serait-ce que quelques moments, n'en vaut-il pas la peine? Faut-il vraiment souffrir pour l'amour? Je n'en sais rien. Reste que les comportements déviants des hommes et des femmes qui mènent notre société, n'a rien de beau. Il faut se le dire!

 

Pour ceux et celles qui désirent voir un historique de l'histoire:
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/l-effarante-double-vie-de-dsk_1051098.html

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